samedi 11 octobre 2014

Mes climats #1

http://andremriviere.blogspot.fr/2014/10/mes-climats.html

  1. Ma saison préférée.

Sous le soleil exactement disait la chanson ; toute la ville s’est arrêtée, toute la vie s’est arrêtée. Seuls s’époumonent les climatiseurs des bureaux alentour, déversant sur l’esplanade un supplément de chaleur sous prétexte de rafraîchir ces messieurs-dames qui travaillent. Tout est construit en béton blanc et en arrondi, aucune ombre à perte de vue, une lumière à dissoudre toute silhouette égarée.

Pas un insecte ne pourrait survivre ici, que suis-je venu y faire ?

C’est pourtant bien ce que je voulais. Fuir la pluie glacée qui n’en finit pas de tout pénétrer nuit et jour, le sol spongieux, l’horizon bouché, d’ailleurs il n’y a pas d’horizon là-bas, fuir le moisi qui envahit les poumons. D’où je viens, il n’y a pas de saison, juste une langueur mouillée.

Il paraît que l’on croit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs. Moi, il me fallait un pays à l’herbe roussie, un pays sans herbe, un pays minéral, et m’y voici. Ma petite serviette et ses secrets commerciaux à bout de bras, je cligne devant l’éblouissement à traverser, cette immense esplanade de goudron fumant, combien me reste-t-il, trois-cents mètres, cinq-cents mètres, la porte vitrée si loin là-bas où patientent les sbires de la sécurité qu’il faudra amadouer, un univers entier à parcourir.

On m’attend, il faudra bien que j’y arrive, à mon rendez-vous.

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