dimanche 15 février 2009

LES ECOLOS me gonflent, LES ARROGANTS d'en face M'INSUPPORTENT..

Discours de la méthode, par moi-même.

Il m’est amusant de me relire. En effet, au fur et à mesure de l’écrit, je vais chercher ici ou là des documentations des articles ou des renseignements, j’en trouve, qui me font revenir sur le déjà écrit. Dois-je alors reprendre tout ce qui n’est pas encore publié, ou dois-je poursuivre et éditer ce qui est au moins partiellement contredit par mes nouvelles connaissances ? Il me semble que je dois rester fidèle à ma logique du savoir disponible et des hypothèses exprimées lors du premier jet, quitte, si remise fondamentale en cause il doit y avoir, à poursuivre l’écriture. Exercice dangereux qui m’expose aux ricanements, exercice nécessaire pour illustrer moi-même ma méthode. Mais je n’en suis pas à cette extrémité.

Pouf pouf.

Le 13 février à 00h59.

Il est toujours difficile de faire le tri entre le renseignement et le mensonge. Il m’est arrivé de me laisser embarquer dans une logique d’apparence rationnelle mais il m’est arrivé aussi d’accéder à des détails qui m’ont permis de ne pas aller au bout du tuyau. Il faut toujours faire attention aux petits détails quand on glisse sur la pente de la logique. J'ai pu de même échapper aux intox d’en face. Attention donc, le terrain est miné, et je ne suis jamais sûr de mes bonnes raisons.

De tout ce qui se dit chez toi, l’Ours, je dispose d’une seule information que je me sente capable de valider : l'arrêt de la centrale EPR de Flamanville, à cette heure-ci de ma connaissance, n'a aucun rapport avec le côté dangereux de la technique dite EPR, ni même aucun rapport avec l’atome. Au demeurant, pour évacuer ce sujet et oublier les imprécisions dans lesquelles le débat patauge, je ne me souviens plus de ce qui différencie l’EPR du PWR, mais tu sauras sans doute rafraîchir ma mémoire passoire, et m’expliquer pourquoi EPR est pire que PWR, puisque telle est ta thèse. Je ne veux surtout pas débattre sur des notions floues, et j’ai tant entendu d’arguties brandies sur le sujet par les uns et par les autres sans jamais pouvoir comprendre ce qui les diffère et en quoi cette différence rend l’EPR plus dangereux, que je réserve mon opinion.

Quoi qu’il en soit, les difficultés actuelles de Flamanville ne sont que questions de réalisation de structures en béton, pour cause d'empilement de règles de sécurité de génie civil ; on peut aussi s’interroger sur la pertinence de cet empilement, comme partout le mieux est l’ennemi du bien. Il se peut qu’il y ait un rapport avec le processus nucléaire qu'abritera beaucoup plus tard cette structure : dans ce cas comme dans tous les autres, ou bien la question technique est maîtrisée, et on met sur la table l’argent nécessaire à la bonne construction, ou bien elle ne l’est pas, et en effet on abandonne le projet.

Il faut toujours être honnête dans un débat : nous ne savons jamais tout de ce nous débattons, et cette part d’ignorance est bien la cause des empoignades. Nous devons alors faire des hypothèses basées sur des savoirs venus d’ailleurs pour avancer, ne jamais oublier que ce ne sont que des hypothèses, et ne pas hésiter à remettre l’ouvrage sur le métier si elles sont infirmées. Je garde donc cette conviction établie sur ce que je sais des techniques de béton armé, que la question posée dans ce cas très précis de ce chantier dont on parle, et je me refuse à toute généralisation ailleurs, est une question de prix et non de matériau, et que là réside la cause de l’arrêt.

Il n'y a pas encore un gramme de produit radioactif dans cette centrale en construction, et les éléments spécifiques du réacteur en dehors des fondations en béton ne sont pas commencés.

En bref, ces difficultés seraient les mêmes s'ils construisaient une centrale au charbon ou au pétrole d'une puissance équivalente (1500 MW) en cherchant le même empilement de règles de sécurité de la partie béton de l'ouvrage. Ainsi, il n'y a aucun rapport entre cet arrêt des travaux et le côté nucléaire de la force. Je n'écris pas ceci pour dire que tu as tord de critiquer, mais pour t'éviter l'emploi d'arguments erronés dont l'usage même involontaire pour trop bien faire dévalorise le reste du discours.

Si débat il doit y avoir, chacun doit prendre soin d'étayer son propos avec des pensées construites après avoir tenté d’en savoir davantage sur le fonctionnement d’un réacteur nucléaire, sur les avantages éventuels et sur les dangers certains, y compris en écoutant attentivement les arguments contraires après y avoir réfléchi, au moins dans la mesure où ils sont autre chose que des paroles lénifiantes et des affirmations hautaines, et c’est rare qu’ils soient autre chose, malheureusement. Il serait bon que tout le monde qui cause ici et là vertement ait commencé par en visiter, des centrales, charbon, fioul, uranium. Et La Hague pour bien faire. Ce n’est pas suffisant mais ce serait déjà une première fenêtre de pensée.

Le vrai danger, au-delà ce nos ignorances techniques, après tout personne n’est tenu de maîtriser le savoir pointu mis en œuvre, le vrai danger est que nous avons tous pour idée de départ que la conclusion doit obligatoirement aboutir à "le nucléaire c'est mal, le nucléaire c'est bien". Ce principe vaut pour la plupart des débats sur la plupart des sujets, mais se trouve particulièrement adapté à ce débat-ci, ce débat-là, ce déballage. A quoi bon débattre s il en est ainsi ? La condamnation ou l’absolution sont données d’avance selon celui qui se lève, et nul ne le fera changer d’avis. Il faut juste clouer le bec à l’autre, et pourquoi ne pas lui couper la tête ?

J’ai beaucoup fréquenté le monde du nucléaire depuis trente ans que j’erre. Et je ne suis toujours sûr de rien. De ton côté, tu sembles une fois pour toutes déterminé. Le débat ne sert donc à rien, ni pour toi qui sera inflexible, ni pour moi dont le péché mignon est de rejeter par principe les arguments du genre clouage de bec, je ne parle pas de toi bien entendu sinon j’aurais déserté le terrain depuis longtemps, ce genre là aurait plutôt tendance à me pousser vers la conclusion inverse, quelque soit la position de mon interlocuteur, écolo face aux arrogants, nucléariste face aux écolos. En vérité, mon inclination va plutôt vers une position favorable à la production d’énergie électrique par des centrales nucléaires, et je me désole de la pauvreté des arguments de ces messieurs les arrogants que j’ai fréquenté d’assez près pour savoir qu’il sont encore pire que tu crois, bien que du même bord que moi sur les choix fondamentaux.

C'est pourquoi je n'écris pas ceci non plus pour dire que tu as raison. Je répète que je ne crains pas la construction de centrales nucléaires, la peur n’a jamais été une motivation convenable et répandre la peur est une ignominie même sous prétexte de réveiller des consciences endormies à ce qu’on croit ; je ne les crains pas, notamment les PWR auxquelles j’ai participé et justement Flamanville et celles de Seine Maritime, Penly et Paluel. Je suis horrifié de la nature absurde du débat sur le sujet de part et d'autre, qui aboutit d'ailleurs aux dérives que tu dénonces, l'absence de recul, l'absence de réflexion sur le long terme, la peur d’informer même en cas d’anomalie, incident, accident, l'approche sécuritaire par le petit bout de la lorgnette qui donne les Tchernobyl, non par souci d'économie mais par empilement de pages de procédures que personne ne lira jamais, empilement de bonne conscience, empilement superfétatoire parce que la sécurité bien ordonnée est une sécurité simple d'accès.

La lourdeur réglementariste est un nuage de fumée si je peux me permettre l'expression douteuse.

La peur des écolos chez les marchands d'électricité a été aussi mauvaise conseillère que leur volonté d'opacité et leur arrogance affichée. Mauvais conseiller aussi l'usage d'arguments terrifiants de la part des ennemis des centrales, qui ont construit leur crédibilité sur l'opacité en question. Terrifiants et souvent erronés, pour rester dans l'euphémisme.

Sans parler évidemment de l'invocation à Tchernobyl, qui relève du passage obligé, de la formule magique, qui fait partie de ces arguments qui tuent imparables, et qui donc marche à tous les coups alors même que plus personne ne se souvient ou ne veut se souvenir, des raisons de cette catastrophe.

Maintenant vous pouvez y aller de vos invectives, je suis absent pour trois semaines. Vous pouvez même venir chez moi, j'y ai laissé un bâton pour me faire battre. J'essaierai à mon retour de donner une troisième partie à mon billet en cours, ce texte me servira de deuxième, comme le premier avais d’abord été un commentaire chez Lydie du Béarn. J'ai déjà été trop long ici à monopoliser la place. Mais sache, Ours d'ici qui m'accueille, et sachez, autres lecteurs sympathisants, que l'invective ne m'intéresse pas, vous avez dû le comprendre.

Un petit codicille s’impose : certaines des affirmations de ce billet doivent être tempérées par des renseignements complémentaires qu’entre temps j’ai glanés, merci à l’Ours et à d’autres de m’éclairer sur le MOX, l’EPR, le PWR. De quoi poursuivre, au moins.

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