dimanche 11 septembre 2011

La symphonie du nouveau monde - 2. Allegro molto.

2. Allegro molto.

Voici que la rencontre impossible va se produire, toute proche désormais de la probabilité de UN : il monte les marches du seuil vers la porte déjà entrouverte.

C’est à ce moment précis, après toute la succession de hasards et de rencontres qui l’avait conduit ici, qu’il fut saisi d’une peur, d’un regret, d’un doute. Il avait semé la foule de ceux qui convoitaient la place, il avait du temps devant lui, un peu mais pas trop, juste celui de retirer doucement ses chaussures et arranger sa coiffure, cheveu unique mais rebelle, comme les vieux sages le lui avaient recommandé naguère : tu dois respecter les usages et entrer d’un pas ferme et lent, lui dirent les vieux sages.

Mais non. Le piétinement de ses poursuivants se rapprochait, aucun n’avait renoncé sauf les morts, et au lieu de soigner son image et de réussir son entrée, il restait figé sur la troisième marche juste avant le palier de la victoire. Paris valait bien une messe disait le vert-galant qu’il ne pouvait encore connaître n’étant point ; une vie vaut bien une marche.

Encore essoufflé de la cavalcade, il avait du mal à rassembler ses esprits. Il se souvenait de ce qu’on lui avait dit au départ du rallye, des bribe
Liens de souvenirs qu’il oublierait peu à peu, qu’il oubliait déjà, il se souvenait qu’il allait tout oublier et qu’en entrant il ne saurait plus rien de l’origine, pas même le souvenir qu’il y avait quelque chose dont il aurait pu se souvenir. Il savait encore que tout était merveilleux à l’intérieur, il suffisait d’entrer, presque trop avait-il pensé à la description qu’on lui en avait faite, trop facile et trop merveilleux, oui, de cette méfiance là il se souvenait encore.

Il faut toujours se méfier des vieux sages et de l’oubli.

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