samedi 23 février 2013

Du libre-arbitre #3


suite

Laissons la place au philosophe. Il est celui qui m'a emmené où je suis, là maintenant, et il continue à grand pas le chemin de mes pensées. Je m'en voudrais de ne pas le suivre et de ne pas l'écouter, et de ne pas vous laisser l'écouter. Il oblige, et il balise.

 La reformulation de Muller.


Si je comprends bien :

(i)                       Il n’y aurait pas de libre-arbitre « fondamental », c’est-à-dire de possibilité pour une faculté spirituelle de la conscience d'agir sur la matière ;

(ii)                     la liberté se concevrait comme une « impression » que pourrait avoir cette conscience non-agissante, impression que le cerveau ait pu prendre une décision indépendamment des contraintes extérieures, quand bien même au niveau neurobiologique cette décision serait parfaitement déterministe ;

(iii)                   j’en déduis que cette « impression » de liberté est également une impression de « libre-arbitre ».


Jusque-là tout va bien.

Ensuite survient l'hypothèse que "conscience" égale "mémoire". Je pense que c'est une idée intéressante ; en effet la conscience que nous avons de nous-même est fortement liée à l'idée que nous nous faisons de la continuité de « quelque chose » qui serait notre « moi », au sens où l’entend Nietzsche et le bouddhisme, le « moi » comme illusion de continuité. Et dès lors, effectivement, la mémoire participant à nos prises de décision, la conscience aurait une action sur nos décisions. Néanmoins, nous avons conscience d'avoir une mémoire, ce qui repose une question : la conscience est-elle bien la mémoire, ou bien la mémoire est-elle un phénomène infra-conscient qui peut à son tour « émerger » dans le champ de conscience sous forme de souvenirs, comme une activité psychique le peut sous forme « d'idée » ou de « choix » ?
C'est la seconde proposition que je retiendrai : les souvenirs, au même titre que les idées, correspondent à des configurations neurobiologiques qui peuvent parfois « émerger » dans notre champ de conscience. La question est alors de savoir si cette émergence a un effet rétroactif sur le cerveau, ou n'est qu'une simple projection qui, si elle n'existait pas, ne changerait rien au fonctionnement du cerveau. En d'autres termes, peut-on concevoir un « p-zombi », c’est-à-dire un système vivant exactement similaire à l’organisme étudié (l’être humain, par exemple), donc avec une mémoire neurobiologique, mais qui serait dépourvu de toute conscience de cette mémoire ?

Pour ma part, je pense que la mémoire est d'ordre neurobiologique et n'a pas besoin de l'idée d'une "conscience" pour être définie et décrite en termes de fonctionnement de notre cerveau.
Ecrit par Marc Muller le 16 février à 00h47
à suivre

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