lundi 21 novembre 2016

UN CONTE DE NOEL

Mais pour qui te prends-tu, garnement ? On dirait que tu t’y crois déjà, dans l’attelage, à faire le mariole au milieu de tous les autres et à leur apporter ta part d’énergie. As-tu seulement idée de ce que représente une chevauchée mondiale en moins de vingt-quatre heure, un milliard et demi de foyers à servir et autant de cheminées à descendre puis remonter sans se salir, avec, au moins au départ, quatre millions de tonnes de marchandises.

Alors toi, petit avorton de Bambi, tu t’imagines capable de participer à cette folie douce ? Il y a beaucoup d’autres façons de voir du pays et, je te préviens tout de suite, tu te feras jeter comme je l’ai été quand j’ai voulu faire le malin. Je leur avais dit d’un air de défi, « moi, Rodolphe, ces deux villes Alep et Raqqa, je peux m’en occuper seul », j’en avais assez de courir, coincé entre quatre rennes sans rien voir du paysage.
 
Tu ne sais pas à quel point ce travail est difficile, comme il faut avoir tout préparé, tout minuté, la construction du chargement, la compatibilité avec l’ordre des visites, la taille des cheminées, la croyance des cibles. Oui, c’est ce qu’on dit, des cibles. Pourtant les deux villes n’étaient pas si grandes et le climat plutôt clément à cette date, mais j’étais mal préparé et j’ai fait n’importe quoi. Tu connais la suite.
 
Alors écoute-moi, petit Bambi, écoute ton aîné Rodolphe : tiens-toi loin de ce cirque commercial et reste sagement dans les cartons à dessin de monsieur Disney. Tu y feras carrière et même si ta fin y est tragique, tu deviendras éternellement célèbre.
 
Immortel, en quelque sorte.

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