vendredi 7 avril 2006

EUROPE 9. I Hate sundays.

Il y a des dimanches pires que d'autres, qui donnent envie de disparaître, des dimanches où l'on a même plus envie de disparaître, car on a déjà disparu.

Comme tout ce qui est mort depuis longtemps et qu'on croyait encore vivant.

Au soir de ces longs dimanches là, soudain on admet ce qu'on se refusait à admettre: il n'y a jamais eu de rêve, jamais eu d'ambition, jamais eu de projet, jamais eu d'avenir.

Qui veut partager quoi avec qui? Personne ne veut jamais rien partager. Il n'en coûte rien d'habiller la grille qui entoure le pré carré de banderoles aussi grandiloquentes qu'hétéroclites. La seule vérité est que personne ne veut rien partager avec personne.

Il faut un long dimanche pour le comprendre. Les banderoles ne révèlent que le mensonge de ceusses qui les écrivent et la bêtise de ceusses qui les croient. Un jour, tôt ou tard, il suffit juste d'attendre, "on" viendra, vous savez, "on", tous ces "on" avec qui vous ne voulez surtout rien partager, et "on" essaiera d'entrer dans le pré carré, et il faudra livrer bataille.

Ce sera la faute de "on", ce ne sera pas la faute du pré carré, tous les gens du pré carré vous le diront. Tous les gens du pré carré vous diront qu'ils n'ont pas voulu de cette bataille là. Nous n'avons pas voulu cela, diront-ils. Et le pire est qu'ils croiront à ce qu'ils diront.

Mais pour l'instant ils font la fête. Il paraît qu'il existe des lendemains qui déchantent. Ils existent en effet.

Il est des fêtes où rien ne permet d'imaginer la catastrophe à venir. Un raz-de-marée qui vient engloutir le beau mariage est de ces lendemains là. C'est un exemple.

Il est aussi des lendemains qui déchantent que tout annonçait, et qu'on a provoqués en toute connaissance de cause. Mais on a cru que les grilles autour du pré suffiraient.

Juste un pré carré où l'on peut à loisir sodomiser les diptères.

Première mise en ligne faite le 30/05/2005.
Puis j’ai rejoins mon buisson, par les chemins du bois mouillé.

Soyez heureux, j'en ai fini avec le référendoume, et ma colère n'est pas guérie.
Qu'il crève, direz-vous, et vous aurez raison. Il n'y aura pas de revoyure.

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