vendredi 2 juin 2006

Les deux réponses.

1. La première réponse : à Karine F.

Alors d'abord Karine. Règle d’or : Faire toujours le plus facile en premier, ce qui me permets de détourner l'attention et de ne pas répondre au second. Plume salée pour commencer.

Le nom de celui qui poste est inscrit au dessous du commentaire. C’est bien Clopine qui vous a interpellée et non moi, quoique je l'eusses fait chez vous si Clopine ne l'avait fait chez elle.

Et même que j'ai déjà lu le billet posté, dont auquel il est d'étonnantes voyageuses.

Voilà, c'était le plus facile, à très bientôt Karine chez vous, mais je n'irai pas à Saint-Malo, j'ai un billet d'essscuzes. Ah non ! J’ai autre chose à vous dire. En lisant votre liste des peuplades de votre monde, je n'ai vu ni frangins ni copains. Où sont-ils passés ?

2. La seconde réponse : à Marie de B.

Ma chère Clopine, j'espérais que vous soyûtes partite, pour ne pas répondre. Mais vous attendez, appuyée sur votre fourche menaçante. Les déchets, justement. Je vois bien le piège que vous me tendez. Ah ! Ah ! Ah ! Je vais me précipiter à vous faire une démonstration savante pour vous expliquer avec mon arrogance habituelle que :

a) les déchets quels déchets ?

b) mais voyons c'est pas dangereux !

c) vous inquiétez pas on maîtrise.

Au choix, n'importe laquelle des réponses convient pour que le piège se referme, dans lequel tous les arrogants qui nous gouvernent tombent chaque fois.

Derrière ce qui vous apparaît comme une esquive, vous le pensez si fort que je l'entends alors que vous ne me lisez même pas encore, les amateurs de corrida ont pour cela un mot technique que je ne connais pas, il y a tout le débat préliminaire dont j'ai tenté de donner les termes dans mon blogue. Certes en suggérant une morale simpliste histoire de provoquer des réactions qui ne sont jamais venues, mais surtout en tentant de poser les termes permettant d'alimenter la réflexion, je préfère ce mot à celui de débat, l’important est de réfléchir sur les mêmes miroirs, quel que soit le côté qu’on utilise.

J'ai bien noté que les écolos vous laissaient parfois un peu réticente malgré vos sympathies, et nous nous ressemblons en cela que les technocrates me laissent particulièrement énervés, quand bien même je ne serais pas un ennemi du nucléaire.

Vous notez les doubles négations. En réalité, je ne réponds pas vraiment à votre amorce. Je le sais farpaitement (c'est le rhum d'Yvonne qui commence à agir). Mais on ne condamne pas le nucléaire au seul motif de l'inconnu des déchets. On travaille à comprendre le moins mal possible, on ne jure pas que tout va bien, on ne lance pas des programmes pharaoniques de but en blanc, mais on apprivoise doucement la bête en commençant petit et en grandissant doucement.

Ceux qui se demandent d’où sort cette Yvonne ont raison de se le demander, je ne la connais pas. Sachez seulement que ceux qui la connaissent s’en réjouissent et me l’ont fait savoir, alors je leur réponds ainsi, en secret.

Les recherches menées, sous le contrôle (plus ou moins) attentif du parlement, afin de trouver différentes solutions de neutralisation des déchets et de leur stockage, sont loin d'être abouties ; elles me semblent pourtant l’exemple d’une démarche convenable, tant technique que politique, et elle propose déjà des pistes intéressantes. Aucune d'entre elle ne donnera de bons résultats à elle seule et toutes comporteront leur part de risque, y compris des risques non descriptibles aujourd'hui.

Ce n'est pas une raison pour renoncer, mais c'est encore moins une raison pour tenter de cacher la vérité aux citoyens. Bien au contraire. Les secrets d'état d'un côté et les anathèmes de l'autre n'apporteront jamais la moindre chance d'amélioration à nos vies.

Je ne tiens pas ici des propos évanescents et consensuels pour plaire à tous. Je me compromets aussi: je considère en effet que nous ne pouvons nous priver d'une énergie abondante et durable, qu'il faut progresser dans la connaissance de ce monde mystérieux et dangereux, et qu'il faut savoir que cette énergie coûte beaucoup plus cher que ce qu'on prétend nous faire croire aujourd'hui, une fois alignés les vrais coûts de neutralisation à très long terme des déchets, les vrais coûts de démantèlement des centrales vieilles, les vrais coûts de recherche fondamentale et de recherche industrielle. Puis il faut y aller, en regardant devant soi.

Je n'ai jamais été partisan de l'énergie à bon marché, qui n'est qu'un miroir aux alouettes qui nous a permis de vivre à crédit sur le dos de nos enfants.

Sachons accepter ce qui est difficile mais nécessaire (voilà aussi un pavé que j'assume), et connaissons en le coût. Qu'on ne me parle plus de Tchernobyl ni d'Hiroshima, ce n'est pas la faute de l'atome si c’est arrivé. L’homme est ce qu’il est, seules la conscience démocratique et la connaissance technique viendront à bout des obstacles et limiteront les dommages : car sûr et certain, il y aura des dommages, ne comptez pas sur moi pour dorer la pilule histoire d'obtenir lâchement un consentement paresseux.

Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir, raison de plus pour ne pas attendre.

Voilà. C'est juste un début, et je sais ce qui m’attend. Allez voir mon blogue, euh vous y êtes déjà d’ailleurs, pour d'autres éléments à mettre sur la table en vue de notre prochain festin de guerre.

Je l'ai dit, je suis plutôt en panne ces jours-ci, et pour quelques temps, ce serait trop long à expliquer, le silence est parfois d'or à qui dort.

Ce n'est pas d'arrêter d'écrire que je vous soupçonne, je me suis mal exprimé, c'est bien d'arrêter votre blogue. Comment vais-je venir chez vous si vous fermez la porte ? Si je sors de ma torpeur, et que mes liens vers vous se découvrent rompus, il ne me restera que de m'enfouir avec mes déchets préférés. Un bref instant, j'illuminerai le monde.

FIN.


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