jeudi 11 janvier 2007

Alliolie lectrice.

Le11 janvier 2007.

Bonjour Alliolie.

Ce que j’ai écrit est bien plus long que ce que vous avez déjà lu sur votre imêle. Je vais donc poursuivre, mais ici pour que tout soit connu de vous, en direct et en public, en évitant cependant de commenter sur un billet chez vous qui n’aurait aucun rapport : on appelle ce procédé déloyal troller un blogue. Vous auriez raison d’être furieuse, d’autant que j’aime bien quand nous nous disputons devant tout le monde.

Comme je ne vous ai pas encore répondu sur le plein emploi, titre de votre billet présidentiel récent, nos batailles risquent de prendre une tournure un peu gore. Pour éviter cet écueil pourtant rigolo, je me conterai de vous donner ici l’adresse du site de bloghumeur où se trouve la suite dans mes idées.

Il s’agit toujours de votre analyse bienveillante et déstabilisante sur mes histoires de Marie et Bertrand, dont vous avez repéré les points faibles, ce que vous ne manquerez pas de faire savoir chez vous ou chez moi, histoire de m’obliger à plus de réflexion. Je voulais juste vous raconter la genèse du texte, pour expliquer qu’il ait pu être mieux élaboré que la plupart de mes survenances hâtives. Ce détail n’est pas indifférent aux qualités que vous avez bien voulu lui trouver.

Lors des agitations médiatiques sur cette affaire, j’avais cru bon de jeter en pâture à un forum agité (comme ils le sont tous) mes premières impressions sur le sujet, en deux ou trois billets hâtifs, justement. La volée de bois vert qui s’ensuivit fut mémorable. Je m’étais mis à dos la totalité de l’internautie. Les pleureurs de Marie, les accrocs de Bertrand, les vengeurs en robe de chambre et les agités des concerts à briquets, toutes les bonnes consciences en état de marche au pas.

Evidemment, les arguments étaient souvent pitoyables. Mais parfois certaines flèches étaient bien ajustées, qui touchaient une faiblesse de raisonnement, un raccourci mal balisé, une affirmation mal revendiquée comme telle, et donc défaillante car non démontrée. Rien n’interdit d’affirmer péremptoirement, dès lors qu’on affirme que c’est péremptoire, non ?

Il faut alors accepter qu’autrui refuse la proposition assénée, à la seule condition de respect de la cohérence : autrui doit assumer les conséquences logiques de son refus.

Bref, je me suis penché sur mes premières mises en ligne en imaginant derrière moi la horde des contradicteurs, et j’ai tenté de faire taire les grognements qu’ils faisaient résonner dans ma tête, jusqu’à obtenir un relatif silence. Il m’a fallu plusieurs mois.

Qu’en conclure ? Que la contradiction porte en elle sa vérité, et que le combat de la contrariété est le seule qui vaille, que j’ai besoin de vos critiques et de vos objections, même si parfois elles me mettent de mauvaise humeur, je suis soupe au lait plus vite que la musique, et que le vieil Héraklite n’a pas fini de m’accompagner avec sa complice susdite, Contrariété.

Fatigué des agitations de l’agora, je me suis réfugié dans mes blogues, dans le silence de la mer. Mais je sens qu’écrire ainsi devient cotonneux, et j’attends que cesse le silence. En écrivant tant bien que mal les idées qui me hantent et celles qui me viennent, les jours laborieux comme les jours inspirés, je ne sais jamais ce qui en sortira d’inspiration ou de labeur, un peu des deux sans doute, filles d’émoi et fils de soie, yin et yang.

Miroirs, il me faut des miroirs ; surtout pas de miroir magique, juste un miroir qui réfléchisse. J’ai besoin de vous qui me lisez seule, et de vous tous qui me lisez plusieurs. Un petit plusieurs qui compte.

Andrem.

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