vendredi 15 décembre 2006

HISTOIRE DE MARIE & BERTRAND - Les adultes.‎ ‎#8/10.‎

Les adultes. #8/10.

Plus sérieux encore est l’argument des adultes. Voici venir des avocats plus coriaces.

Ils sont adultes, disent ces avocats là, égal à égal, l’un comme l’autre bourré, l’un comme l’autre amoureux. Bourré, amoureux, on l’a déjà dit. Adultes égaux, voire. Examinons.

L’un comme l’autre fort ou faible, prétendent-ils ces avocats malins, elle aurait frappé de même, avec le même résultat. Je l’ai entendu cet argument, il faut bien que je m’en occupe. J’ai plusieurs fois croisé Marie ; je suis nettement plus gros qu’elle, mais plus petit aussi. Je ne suis pas sûr que j’aurais eu le dessus dans un pugilat. Seulement voilà, nous ne sommes pas aux Jeux Olympiques, et la question n’est pas de savoir qui va gagner la médaille. La question n’est pas de savoir qui aurait pu, peut-être, frapper à la place de l’autre. La question est de savoir qui a frappé et qui est mort.

Ce n’est un secret pour personne que, en moyenne et au physique, l’homme est plus costaud que la femme. La règle s’applique aussi en remplaçant homme par mâle et femme par femelle. Toutes les sociétés de tous les temps se sont construites sur cette statistique animale, en instituant, à tord ou à raison c’est un autre débat, des mécanismes de protection physique de la femme par l’homme.

Ces sociétés en ont profité, tant qu’à faire, pour ajouter à la protection des mécanismes de domination sous prétexte que l’un ne va pas sans l’autre. Presque toutes les sociétés, et presque tous les animaux, je me méfie, des historiens et des zoologues très émérites sauront bien me contredire, trouver des contre exemples. Alors, pas fou, je dis presque et je parle de statistique.

Premier envoi en ligne le 24/11/2004 vers 10h32. #9/10 à suivre.

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