mardi 23 novembre 2010

Body and soul

Il faut bien réponde à l’ours de Gaspésie. A son âme dans le grand tout, au caribou qui vit dans le chasseur, au chasseur qui remercie le caribou avant de le sacrifier à la faim de son groupe, au voyage mystérieux entre les corps, à la renaissance et au cycle de la vie. C’est ici, si tu veux savoir, qu’il le dit mieux que mon pitoyable résumé.

Je ne suis pas de cette cosmologie là. L'âme n'a pas d'existence en soi. Elle n'est que par la vie qu'elle habite. Le corps et l'âme sont un seul et unique objet, dans sa part matérielle et sa part immatérielle, et que l'un disparaisse l'autre n'est plus. Il n'est point d'âme sans corps ni de corps sans âme.

L'humain n'existe que parce qu'il y a d'autres humains autour de lui, plus ou moins proches, plus ou moins, et souvent moins que plus, amicaux. Mais, seul, l'humain n'est pas.

Ce qui fait l'individu dans le groupe est qu'il n'est pas membre seulement du groupe, mais de nombreux autres groupes, entrelacés, antagonistes, rivaux ou alliés, solidaires ou concurrents. Famille, amis, voisins, citoyens, intellectuels, ouvriers, artistes, l'humain peut être un peu de tout cela à des degrés divers, et un peu de bien autres choses encore, et cette somme d'intersections de groupes distincts fait de l'humain que chacun de nous est, un individu distinct mais néanmoins incapable d'être s'il n'y a au moins un prochain.

Quant à savoir s'il y a quelque chose de caribou en moi, vaste question. Je n'ai jamais chassé de caribou et il est peu probable que la chose arrive. Je crois que je ne réussirais jamais si elle devait arriver. Il n'y a rien de caribou en moi. Du bœuf-carotte à la rigueur.

Salut et fraternité
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