mercredi 16 mars 2011

Submergé

C'est justement là qu'est la difficulté : il n'y a rien à dire. Sidération et apocalypse. Quoi d'autre ? What else, comme dirait l'autre.

S'asseoir. Poser sa tête derrière le buisson, attendre que revienne le calme. Tenter de respirer régulièrement. Tu as échappé à la terre qui frémit, à la mer qui rugit. Autour de toi un champ de ruines à perte de vue, à perte de vie. Tu es loin, dans ton petit confort douillet et ce ne sont que des images vidéo que tu as vues, pourtant tu es essoufflé, tu es assis où j'ai dit que tu étais assis, dans le champ de ruines.

Ta maison parisienne est debout, bien là, rassurante, enfin, elle devrait être rassurante, et il fait soleil. D'où vient que tu respires si mal ? Les mots que tu ne trouves pas, que tu ne trouveras jamais, ils n'existent pas, les mots pour le dire. Comment pourrait-on avoir ces mots là sous la main, à portée de clavier ?

Tu n'iras pas là-bas. Tu n’as ni la force physique, ni la force mentale, ni la bonté, ni la compétence pour apporter quoi que ce soit à ces urgences indicibles. Tu dois rester terré dans ta cave, non pour te protéger, ta cave ne protège de rien et tous les courants d’air la traversent avec leurs miasmes. Mais le bruit y est atténué, et tu pourras mieux écouter le vacarme de ta tête. Peut-être arriveras-tu à entendre dans les pleurs et les grincements de dents, quelques-uns de ces mots que tu cherches.

Dans ta cave, tu n’entendras plus l’imbécile bataille des arrogants et des indécents.

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