mardi 5 juillet 2005

Alexia et Tarquine #2 – Les précautions oratoires.


Vous avez remarqué qu’Alexia prend soin de bien nous expliquer qu’elle n’est pas hétérophobe, en un long préambule de dédouanement. Les psychologue de bazar se pencheront doctement sur cette précaution initiale ce que je ne ferai pas, je ne suis même pas un psychologue de bazar.
Je prendrai simplement exemple sur Alexia pour, moi aussi, prendre quelques précautions oratoires. Les procès d’intention et les susceptibilités ici sont tels qu’il vaut mieux donner quelques définitions pour calmer quelques esprits.

D’abord, j’utilise à dessein le féminin pour évoquer Alexia. Ce pseudo est visiblement féminin, et je le prends donc au mot, sans aucune autre intention que celle de demander à celle qui a choisi le pseudo d’assumer son choix, car là il s’agit bel et bien d’un choix. Je m’interroge pourtant, quelques indices pouvant faire penser qu’il s’agit d’un garçon. Si tel est le cas, qu’il sache que le choix du féminin ne constitue en rien une intention malveillante, et s’il le pensait ce serait à lui de s’en expliquer auprès des femmes.

Je me facilite ainsi la suite du travail et je m’évite de jongler entre les genre, ou de devoir trouver sans cesse des neutres salvateurs. Je dégage les scories comme on le ferait en matière de plaidoirie, comme le fait un mathématicien qui définit avant toute avancée la convention de signe et le système de référence.

Ensuite, je vais vous donner quelques indications de vocabulaire. J’utilise sans la moindre réticence ni le moindre sous-entendu les mots « homosexuel », « homosexuelle » et « lesbienne ». J’ai même un faible pour le mot « lesbienne » certains le savent, honni soit qui mal y pense. Je ne sais pas ce qui se fait ou doit se faire en matière de vocabulaire correct, de mots obligés et de mots tabous, moi ce sont ceux-ci que j’utilise sans aucune arrière-pensée. Je précise que je n’aime pas le mot « gay », mais ce n’est là qu’un simple relent de l’antiaméricanisme primaire qui fait mon charme.

Je m’offre enfin le luxe de déformer parfois les orthographes et de pratiquer l’invention lexicale, avec les mots de « zomos », « zomotude », zomobeauf », zomocons », et les pendants « zétéros », zététude », zétébeauf », zétécons ». Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier. C’est mon fun à moi. Il m’évite notamment d’employer le mot « gay », justement.

On ne règle jamais les questions d’identité et de différence par le mépris ni par la colère, par l’insulte ni par la généralisation. C’est pourquoi je dois répondre à Alexia.
A suivre.

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