lundi 20 février 2006

EUROPE 5 - Qu’allons-nous faire le 30 mai 2005 #1.

1 - La bourde.

Il paraît que le vieux sage aurait fait une bourde. C’est le mot qu’ils emploient dans les gazettes, une bourde. Les nons en font des gorges chaudes. Triomphants, ils arpentent les estrades et stigmatisent les ci-devant hypocrites qui prétendaient que la constitution serait celle-ci ou ne serait pas. Les nons bombent le torse : il y avait bien un plan B.

On se croirait dans un film d’espionnage, avec un planta et un plan B. Ils s’y voient, les nons, héros de la guerre mondiale, à croire qu’ils la souhaitent. Certains la souhaitent, pas tous, pas la majorité, mais tous y vont, les conséquents et les inconséquents. Non, ce ne sera pas demain, ni après-demain, ni même dans dix ans enfin je l’espère, mais un jour viendra où elle aura lieu. Plus personne d’entre nous ne sera là pour dire qu’elle est l’arrière petite-fille du non qui triomphe, et ceux qui s’y risqueront seront cloués au pilori.
Ce ne sera que justice, ils auront dit la vérité.
Ni vous ni moi ne pourront le vivre et le vérifier, mais nous allons tous voter et vous voterez NON comme autrefois ils ont applaudi le traité de Versailles et la conférence de Munich. Souvenez-vous de Daladier accueilli comme un empereur romain, souvenez-vous de Clemenceau qui a voulu faire payer les Boches. Mais bien sûr, vous les nons, vous me direz que Keynes n’est qu’un gros nul qui voulait favoriser la reconstruction harmonieuse de l’Allemagne.
Il ne s'agit pas ici de traiter les uns de revanchards et les autres de collabos. Il s'agit seulement de rappeler quelques bons souvenirs en matière d'aveuglement politique. Mais n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Et petit malin sera celui qui me répondra tout faraud céssuikidikié. Il y aura bien un petit malin.
Que chacun essaie d'y voir clair, et surtout tente de rester honnête avec lui-même, avec les autres je m'en fous. Ce n'est qu'ainsi que nous aurons une petite chance d'y voir un peu mieux.
Ne l’oublions jamais, la paix et la prospérité en Europe ne dépendront que de la bonne entente entre ces deux énergumènes, le franc et le germain. Non que nous soyons forcément amis, qui nous demande d’être amis ? Non que nous soyons semblables, qui nous demande de l’être ? Mais nous devons être loyaux et cohérents sans quoi aucune confiance ne peut exister. Et en votant NON, comme visiblement ce sera, nous allons faire très fort en matière de destruction de la confiance.


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