jeudi 15 novembre 2007

Pépé le Marocain #1.


Il serait furieux d’apprendre que je le nomme ainsi, Pépé le marocain. Il n’est ni l’un ni l’autre, aucun petit fils n’existait quand il mourut, plutôt jeune, une petite cinquantaine en 1933. Et il n’est pas marocain, même si sa légende vient de là-bas. Cet homme intrigue et il est mon grand-père maternel. Le père de Verbehaud. Va donc voir dans les ricochets de madame Kozlika si j’y suis et tu sauras qui est Verbehaud. C’est par là-haut.

Ce n’est pas tant l’effet de quelques allusions obscures dans des commentaires ; il intrigue surtout ceux qui sont de sa lignée sans l’avoir connu autrement que par des mots glanés dans l’enfance, il intrigue ceux qui l’ont connu vivant dont peu sont vivants encore aujourd’hui. Ainsi a pu naître sa légende.

Intelligence subtile, rien ne lui échappait, ni les méandres tortueux des comploteurs emberlificotés, ni l’état d’âme de ses proches, ni les mystères des civilisations inconnues. Toujours prêt à découvrir et à embrasser l’autre, toujours à l’affût les yeux grands ouverts.

Tête brûlée, il fonçait dans le tas et réfléchissait après, il attendait le lendemain pour voir s’il chantait. Il ne connaissait jamais le présent et reliait directement le passé au futur. Il fugua sans autre raison que le désir de défendre Cuba contre les espagnols, à 16 ans, fais donc le calcul si tu veux vérifier en pensant à José Marti. Faut-il préciser que la seule île qu’il aperçut fut l’île de Ré et que les gendarmes le ramenèrent à son village du Périgord et plus vite que ça.

Energie inépuisable, il traversait les déserts en chameau et le chameau se fatiguait avant lui, et le chameau réclamait à boire avant qu’il ait ouvert son outre pour se désaltérer. Avait-il remarqué seulement qu’il avait soif ? Il était parfois distrait parmi les dunes et les rocailles. Et tu l’as sans doute deviné, dès qu’il put, après avoir franchi les obstacles des écoles militaires, il s’engagea dans la légion et partit au Maroc.

#2 à suivre

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