lundi 13 juin 2005

Feuilleton télévisé. Premier épisode.

Un clou chasse l’autre. Florence Aubenas a pris toute la place médiatique et parler d’autre chose a perdu toute importance. Je vais donc vous parler d’autre chose, de mes vieilles lunes de préférence. Mais autant le dire tout de suite, je suis comme soixante millions de français grâce à Florence et à ceux qui ont travaillé pour elle, un peu plus libre aujourd’hui qu’hier. Mes vieilles lunes n’ont aucune raison de bouder mon plaisir mais ce sont elles qui maintenant vous importunent.

Je ne regarde jamais la télé. Enfin, presque jamais. Enfin, sauf quand je la regarde. L’autre soir, par exemple, j’ai terminé mon dîner un peu plus tard que d’habitude et j’ai laissé se commencer l’émission avec moi au lieu de vaquer ailleurs. Je n’aurais pas dû m’attarder sur ces fraises à la crème. Ils connaissent bien le truc, les télévisuels, tu regardes le début t’es perdu, ton cerveau devient une boisson.

Ils devraient pourtant réfléchir aux longs tunnels d’avant neuf heures du soir, qui me permettent en général de m’enfuir à temps. Mais ce soir là, les fraises furent sucrées à 21h12 et je me suis laissé entraîner dans le poste, cent minutes qui ne m’ont pas convaincu.

Olivier Mazerolles avait invité quatre politiques. Je n’aime pas Olivier Mazerolles, je n’aime pas grand monde de ce monde là, ce n’est pas grave pour lui et il a bien raison de dormir tranquille, ce n’est pas grave pour moi je ne regarde jamais la télé. Je ne sais plus quel était le sujet, disons pour faire vraisemblable qu’il fallait examiner les conséquences du vote qui a eu lieu il y a dix millions d’années déjà, notre prout international.

Borloo, Buffet, Villiers, Strauss-Kahn.

Il avait pris soin de les faire intervenir les uns après les autres dans l’ordre d’apparition susdit, professionnel tout de même, l’Olivier.

Borloo. Le gaucho de notre Argentine à nous, celle du grand Peron escogriffe et son Eva à sac à main intégré. Il n’a pas dit un mot de l’Europe en bouillie, visiblement il s’en tape et il a raison, tout le monde s’en tape de l’Europe. Vous avez vu un média qui en parle, vous, ces jours-ci ? Parlons peu parlons bien, du présent, du futur, et non du passé décomposé.

Il s’est tortillé sur son fauteuil pour expliquer comment il allait faire les miracles que ses petits camarades n’ont pas faits depuis trois ans de pleins pouvoirs. C’est même vous qui les leur avaient donnés, les pleins pouvoirs, en ne vous dérangeant pas pour les législatives qui ont suivi le vote bananier et présidentiel de 2002. Vous avez bien compris que je vous parle de ces troisième et quatrième tours qui ont suivi le carnage, où rien ne vous empêchait de rattraper le coup. Mais non, vous êtes restés chez vous à vous lamenter, et trois ans plus tard vous avez aggravé votre cas sous prétexte de colère.
Ils sont restés bouder chez eux en juin 2002, les nons de maintenant qui prennent des airs de martyrs du capitalisme, ces nons qui alors ont tant fait défaut aux socialistes. Je ne parle pas de ceux qui de toutes façons ne votent pas pour les socialo communistes, beurk, et ne voteront jamais pour eux plutôt crever. Je parle des nons de gôche. Grâce à eux en 2002, pleins pouvoirs aux copains de Borloo, grâce à eux en 2005, un beau prout à la face du monde. Les autres auraient voté non de toute façons.

Pendant ce temps Borloo parlait et je n’ai pas trop écouté. Exit Borloo. (à suivre)

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