vendredi 1 août 2008

Je vais décevoir

J'écris peu. Peu de temps, peu d'idées, peu d'énergie. Des mauvaises raisons qui ont raison de moi et de mes bonnes raisons, de mes bonnes résolutions. Je vais écrire ici et là chez les amis, mais rien ne vaut un rendez-vous chez soi, où vient qui veut pourvu qu'il apporte sa pierre à la construction, pourvu qu'il m'aide à construire, puisque après tout un blogue est une lente construction, billet après billet, de ce qu'aucun architecte n'a pu mettre en maquette.

On ne sait ce qu'est un blogue que le jour où il meurt.

Nous sommes le premier août. Loin de mes habitudes à préparer des textes, à les moudre, à les remâcher, avant de me jeter dans le bain en les recopiant dans le cadre prévu à cet effet, aujourd'hui j'écris directement dans ce cadre comme si je commentais ailleurs, pour commenter par voie affirmative ce qui me tourne dans la tête depuis quelques jours, pour te dire quel camp j'ai choisi.

J'ai choisi mon camp. Oui.

Il m'arrive de choisir mon camp. Y compris dans des débats sans queue ni tête, sans arguments ni analyse, sans mise en profondeur en perspective, sans examen soigné du point de vue adverse. Débat? Non, mais combats de chefs et cheftaines, combat de poulettes et de coquelets, ergots sans thérapeutes, egos sans somme, boulets sans chaînes qui dévalent leur pente naturelle pour finir en ronds dans l'eau. J'ai donc choisi.

Sonnez tocsin, j'ai choisi le camp de Philippe Val contre celui de Siné. J'ai choisi le méchant patron contre le malheureux prolétaire. J'ai choisi sans hésiter dès le premier jour, et je n'ai pas changé d'avis malgré le vacarme et la force des adversaires. Et malgré leurs anathèmes, je ne suis pas sûr, ainsi, d'être du côté des bien-pensants. Peu importe d'ailleurs, on est toujours le bien-pensant du voisin.

Un jour j'aurai peut-être envie de m'expliquer, mais aujourd'hui non. La poussière et la boue de la basse-cour me rebutent et je n'irai pas combattre les coqs ni défendre les poules. J'attendrai que de belles plumes fassent le ménage dans ce tohu-bohu d'invectives et de préjugés, de slogans et de faux procès, de certitudes et de lapalissades.

Petit détail: je vais partir pour quelque temps, sans pouvoir ouvrir la fenêtre. Alors déchaînez vos appétits sommaires, rien ne paraîtra avant mon retour, et alors la censure sera sourcilleuse. Non point contre des avis de désaccord, il me va bien qu'on conteste. Mais contre ce qui pour l'instant remplace la pensée. Oui, vient qui veut chez moi, mais c'est chez moi quand même. Et je tiens à la propreté de ma terre battue et de mes tomettes.

Les pierres qu'on y apporte sont des matériaux de construction, pas d'intifada.

fin
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