mercredi 12 décembre 2007

De l’amitié de Bouteflika et de la compromission avec Khadafi.


Sur son blogue, mon amie Oxygène la plus méditerranéenne des guyanaises a déploré, au sens fort du terme, les attentats d’Alger. Elle a notamment remarqué que nombre de victimes étaient des étudiants ce qui n’est pas dû à la fatalité du hasard aveugle.

Si tu veux lire Oxygène, tu vas voir ...là-bas... si j’y suis.

Leeloolene ajoute ce commentaire:
« Quelle tristesse que cet attentat... Quelle horreur surtout. Rien de tel pour déstabiliser un pays qui retrouvait peu à peu un peu de calme. Je viens de lire quelques articles dessus. Comme tu le dis, ils savent exactement qui cibler pour en plus du drame humain, détruire aussi une certaine élite comme une sorte de mise en garde. Atroce. Chez nous... heureusement ça ne se passe pas comme ça hein... on sort juste le tapis rouge à un ancien terroriste... à L'Élysée et tout et tout. Ah qu'il est beau ce monde ! »
Fin du commentaire.
Le commentaire me souffle ce billet qui apparaît aussi sur le blogue d’Oxygène

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L'Algérie ne retrouvait pas le calme. Elle n'a jamais "retrouvé peu à peu un peu de calme" ; tout au plus nous l'a-t'ont fait croire en encensant Monsieur Bouteflika. La vérité est qu'une chape de plomb a été posée pour faire croire que c'était en train de devenir calme, et qu'aucun journal d'ici ne s'est avisé de nous révéler la supercherie. l'Algérie n'a jamais été calme, et les violences qui y règnent ressortiront au grand jour, le soir d'un matin calme.

La vérité est que quelques investisseurs se sont précipités chez Monsieur Bouteflika pour faire de bonnes affaires, au risque de la vie des "volontaires" qui travaillent là-bas pour ces affaires. Pas la vie des investisseurs bien au chaud sur les Champs-Élysées, mais la vie des "volontaires", qui travaillent encerclés de barbelés et de milice armée jusqu'aux dents pour leur sécurité (encore heureux, mais bonjour l'ambiance).

On ne sait jamais qui est dans la milice.

Et les premiers visés, naturellement, sont ceux qui apprennent à penser, et qui pourraient bien se mettre à penser de travers, comme le remarque Oxygène, les étudiants algériens.

Bon. Ceci dit, ne mélangeons pas l'Algérie et la Lybie. Oublions un peu le vilain Monsieur Kadhafi. Il n'est pas productif de crier à la compromission, qui me semble en outre bien moins manifeste qu'avec Monsieur Bouteflika. Je n'aime pas du tout notre équipe aux manettes, ses spadassins, ses menteurs, ses sabreurs ; ce ne m'est pas une bonne raison pour hurler au loup à chaque poignée de main un peu suspecte. Et je garde ma liberté de rester silencieux devant la venue de Monsieur Kadhafi sans me donner une bonne conscience de facilité en me souvenant ostensiblement du passé récent.

J'évite la pose. Ce qui n'empêche pas chacun de devoir lui dire son fait et de le fuir ostensiblement à l'Assemblée. Une bonne leçon aurait été un hémicycle désert. Il ne faudrait pas, sous ce prétexte de la bonne conscience et de la posture de commandeur, tomber dans le piège où est tombée l'Amérique à vouloir faire la guerre à Saddam Hussein.

Seuls les peuples opprimés sont habilités à chasser leurs tyrans, et nos leçons de droits de l'homme leur font une belle jambe. Notre rôle, s'il existe, est au mieux de les aider dans leur combat s'ils nous le demandent et seulement dans ce cas, et s'ils sont assez organisés pour nous le demander et pour que l'aide soit vraiment utile; à défaut, jamais nous devons nous mêler de ce qu'ils font et peuvent faire.

Nous ne sommes pas les grands libérateurs extérieurs que notre arrogance s'imagine être, nous ne sommes pas Zorro, et chaque fois que nous l'avons cru nous avons laissé derrière nous plus de champs de ruines que de champs de blé. Les peuples opprimés n'ont jamais gagné à voir leurs dictateurs mis à l'index, bien au contraire. Il faut malgré tout, obstinément, y compris pendant les rencontres "amicales" avec ces dirigeants honnis, rester lucide sur ce qu'ils sont, et sur ce que peut-être ils peuvent devenir. Un des arts de la politique internationale est aussi de réussir à faire changer certains états, à travers ses représentants même les plus inquiétants.

Voyons Arafat en son temps.

L'Histoire et l'actualité en montre, de temps à autre, un exemple. Evitons simultanément de nous gargariser de leur amitié trop vite, et là je pense en effet à Monsieur Bouteflika, trop encensé par chez nous au point que l'on en arrive à croire qu'il a fait la paix en Algérie, ou à Monsieur Ben Ali, ou quelques autres dont la liste est malheureusement trop longue.


Rédigé le 12/12/2007

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