lundi 24 décembre 2007

Des cultures mélangées #2.

2. Un couple mixte.


Le blogue de toi. Tu avais abordé joliment la question de la différence culturelle par le truchement du couple. La différence culturelle vécue dans un couple. On dit parfois couple mixte. J’aime cette expression dont l’allure pléonastique dissimule une réalité compliquée ; on pourrait dire que tout couple même non mixte, est mixte, il a toujours des différences culturelles pour peu qu’on donne au mot culture un sens large. Mais sans aller chercher l’universel de principe, diluant de la pensée, je peux rester accroché à ces différences quotidiennes sources de différends, à cet exotisme de l’un pour l’autre qu’il faut savoir partager, comme on partage un paradoxe.


Ne fuyons pas ta vérité racontée, ton quotidien décrit sous couvert d’odeurs d’aliments, fruit inconnu et fromage du Nord. Bien au-delà de la différence qui attire, il est des unions de cultures fortes qui imposent une exploration quotidienne pour pouvoir durer. Durer dans le Durian.

Ouais.

Durer est une décision sans cesse renouvelée ; un couple est une décision, décision du matin et décision du soir, et même la nuit d’après si affinités. Un couple n’est pas le résultat d’une rencontre d’un soir et tout qui s’enchaîne de source, ce n’est que l’apparence du couple. Un couple est une décision, prise après réflexion ou sans, avec le temps ou dans le précipité, mais il n’y a pas de couple naturel, spontané, que seul l’amour avec un grand tas aurait construit de ses petites mains déjà encombrées de l’arc et des flèches.

De multiples fils se sont entremêlés pour amener la décision, des fils identifiés et d’autres plus mystérieux, remontant au-delà des utérus jusqu’à Mathusalem ; aucune décision en aucune matière quelle qu’elle soit n’est indemne de ces secrètes pulsions. La décision n’en est pas moins fondatrice, et personne n’aurait pu interdire de la prendre ou de ne pas la prendre, ou obliger.

Blogue de toi, tu as écrit bien mieux que moi là-dessus. Je n’ajouterai rien à tes mots jolis, et au combat féroce du Durian et du Maroilles, la terre entière retient son souffle et je compte bien qu’il n’y ait ni vainqueur ni vaincu. Je ne suis pas venu pour écrire sur un couple, sur le couple, sur le général et le particulier, même si tu le crois en me lisant. Je suis venu pour écrire autre chose et mon clavier m’entraîne loin du but. Il croît m’entraîner, il se trompe, je sais très bien ce que je fais, mes sinusoïdes balayent le territoire que j’explore.

Le moment est venu d’aller dans ce lieu du bout de ma route, ce lieu pluvieux de pluie noire et glacée, un petit pavillon de banlieue et d’exil, mais est-ce bien l’exil, le pavillon d’Habiba.

#3 à suivre.

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