vendredi 27 novembre 2009

L'école de la république #5/6 : Il n’y a pas de défaite de la pensée.

5. Il n’y a pas de défaite de la pensée.

Et moi au milieu avec mon idéal imbécile, je vois déferler vers moi l’invincible armada perse, qui veut faire disparaître l’école comme nulle et non avenue, trop chère, trop inutile, trop éloignée de la rentabilité, toutes ces têtes brunes et blondes qui feraient mieux de produire au lieu de dormir sur leur radiateur, à quoi servent la mathématique et le latin et l’orthographe et l’histoire et la géographie. J’entends tous les jours chacun se vanter d’être nul en histoire, nul en math, nul en philo, une orthographe de merdre, mais attention je parle anglais quand même faut pas pousser, je l’ai appris en écoutant les Beatles.

L’ignorance est devenue un passeport pour les dîners en ville.

N’exagérons rien. Tu ne feras pas ton petit Finkalain. Alain la Croûte. Tu ne porteras pas le fer du général sur le comportement de foules particulières. Nombreux sont ceux qui croient aux mêmes choses que toi et tu ne devras pas les abandonner à l’éructation défaitiste de l’échevelé de la lucarne.

Ma description porte sur l’armée qui se déverse et qui noircit mon horizon, qui va piétiner mon idéal. Je suis coincé dans mes Thermopyles et je vais être balayé. Là-bas, de l’autre côté de la terre, l’école doit avoir le temps de se préparer, il faut non point que j’arrête l’impossible, mais que je le retarde assez que les idées puissent se clarifier dans les têtes des défenseurs, que les caricatures cessent de se jeter en pâture les unes aux autres, que monsieur Global et Monsieur Syllabique soient bien réconciliés ils le sont d’ailleurs et depuis longtemps mais ils symbolisent tout ce qui encore peine à se faire jour dans cette école de la République pour qu’elle sache résister à l’envahisseur obscur.

J’ai confiance en elle, et le combat que je livre ici, même perdu je sais ne pas le livrer en vain. Hier j’ai commencé à donner de la poudre et des balles. Il me reste juste à conclure. Voici venir les derniers mots que je vais dresser sur le chemin de tous ces mornes soldats.
à suivre.
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