mardi 12 décembre 2006

HISTOIRE DE MARIE & BERTRAND - Le verbe et la chair.‎ #‎6/10.‎

Le verbe et la chair. 6/10.

Le désir, la possession, la domination, la soumission, la dépendance, ont parfois l’apparence et l’odeur de l’amour. Ils en sont le simulacre, ils en sont parfois le tremplin, ils en sont souvent le tombeau.

Ils ne pourront jamais être de l’amour. Une fois l’envol pris, il faut oublier tout ce fatras, et construire à petit feu ce que sera la vie à deux, tant qu’on sera d’accord pour le faire, deux jours, deux mois, deux ans, deux siècles. Si vous me le permettez, je vais sortir le désir de ma liste des simulacres, il ne fait pas partie du fatras : il servira pour faire durer le plaisir.

A l’instant même où l’on frappe celle qu’on aime, on a cessé d’aimer, à supposer qu’on l’ait aimée avant.

Il s’agit bien ici de frapper. Il s’agit bien ici de gestes, mouvements de bras, du poignet, de la jambe, de la tête. Il s’agit bien de violence physique. S’il vous plaît, pas d’amalgame avec la violence verbale. Non qu’elle en soit disjointe, ou qu’il faille l’ignorer, ou qu’il faille la glorifier. Sûrement pas, mais il y a dans le verbal comme une forme d'égalité, si la violence peut s'accommoder de cette concession. A armes égales, disent les duellistes.

La vie de couple amoureux, hachée ou quotidienne, n’est ni tranquille ni douillette. Mais j’ai invoqué ce rêve fou de se séparer du monde animal ; si on veut imaginer le caresser un jour, il faut en rester au verbal.

Les animaux le savent qui se miaulent dessus pendant des heures sans jamais se toucher, on n’arrive même plus à dormir avec ce vacarme.





Premier envoi le 22/11/2004 vers 19h12. #7/10 à suivre.


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