lundi 7 novembre 2005

De la beauté des femmes #6/9.


Il me semble que j’étais parti pour écrire sur la séduction des femmes. Il serait temps que j’y songe au lieu d’errer. Avant cela, il faut se poser deux questions et tenter d’y répondre, et si l’on n’y trouve pas de réponses au moins s’efforcer de bien comprendre les questions.

La première est de se demander si la forme et le fond sont, comment dire, indissociables ou séparables. La forme et le fond. La forme ou le fond. La forme contre le fond. La forme avec le fond. J’ai ma réponse à moi tout seul et comme je ne suis pas un directeur de thèse je ne vous la donnerai pas. Comme je ne suis pas chien je vous la donnerai. Alors je vous la donne.

Si les habits ne font pas les moines, ils peuvent les défaire. Je ne répèterai pas, c’est tout pour ma réponse. Je vous sens déçus ; en pareille circonstance, Kant aurait dit : demerden sie sich, ce qui est très philosophique et très allemand. On peut aussi ajouter, je peux aussi ajouter du haut de mes petits talons, que l’âme et le corps sont une seule et même chose et que la mort de celui-ci est celle de celle-là. Ce n’est pas Spinoza qui me contredira, qui d’ailleurs lui aussi est mort. Vous voyez, les philosophes peuvent débarquer à l’improviste aussi chez moi.
La seconde question est de se demander si la séduction est vraiment nécessaire entre hommes et femmes et si nous ne pourrions pas parler entre nous comme tout le monde et comme si de rien n’était, avec des paroles rationnelles, raisonnables, raisonnées, raisonneuses, résonnantes. De vraies cloches.
Vous devinez ma réponse à cette question. Inutile d’en rajouter, j’en rajoute donc. Même entre hommes la séduction est nécessaire, alors pensez entre hommes et femmes, et que l’on soit d’orient ou d’occident. La séduction, l’apparence, l’habit, la forme, le style, l’élégance, l’affect, le verbeux, l’inutile, le décorum, la pompe et ses œuvres, sans ce fatras nous n’existerions même pas. Profumo di donna.
Alors, heureux ?

(#7 à suivre)

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