jeudi 19 juin 2008
lundi 26 mai 2008
Les actrices
Les actrices
(modifié le 26/05/2008)
Il est grand temps que je tienne ma promesse à Clopine. Je ne te la présente pas, si tu ne la connais pas, tu ne pourras que t’en prendre à toi-même. Elle a longuement expliqué comment et pourquoi elle aimait tant d’acteurs, pour en finir par un personnage secondaire de Notre-Dame de Paris le roman. Tu te souviens de Notre-Dame de Paris le roman, dont l’auteur n’est jamais venu parler à la télé. Franchement, un tel auteur peut-il seulement exister ?
Sous prétexte de pseudonyme, elle m’a entrainé sur des terrains intimes que je ne regrette pas d’avoir parcourus. Mais il me faut aller au bout de ce voyage, et puisqu’elle s’est intéressée aux acteurs de second rôle qui dominèrent et dominent encore le monde du cinéma français et que son Clopin préféré lui a rétorqué de masculine façon comment il fallait décemment s’intéresser aux actrices, je me trouve enfermé dans la nécessité d’écrire aussi sur ces femmes qui s’exposent. Non que Clopine m’ait enfermé, mais tout seul comme un grand j’ai claqué la porte en oubliant la clé à l’extérieur, et il me faut donc passer par le trou de la serrure.
Alors je peux m’aventurer sur le thème du parler direct : bandantes ou non ? Ou bien sur le thème : icône ou déesse ? Ce qui signifie la même chose dans les dîners chics. Je peux aussi faire preuve de francophobie, genre le cinoche français est nul introverti et intello rien ne vaut les stars américaines, Ava et Marilyn, Cyd et Ingrid, et les bombes italiennes, Monica et Monica, Sophia et Stephania. Parce que chacun sait que le cinéma s’est arrêté en 1965. Quoiqu'une des Monica ne soit pas encore née à cette date, je ne l'ai citée que pour le doublé.
Ou alors, je vais me jouer le dernier TF1 du dimanche soir du temps qu’il y avait un film sur TF1 le dimanche soir, et vanter les mérites testotéronesques des belles potiches. Pas de noms ici, je sais qu’elles ne sont pas potiches et je les aime aussi. Mais telles on nous les y montre. C'est le regard du cinéaste qui m'insupporte. Petit aparté pour Clopine: j'aime le regard d'Almodovar sur les femmes, pour les raisons déjà très bien expliquées par d'autres femmes.
Comment en parler, des actrices ? Assumer son désir, du trouble adolescent boutonneux devant un décolleté magnifique à l’émotion qui nous renverse devant un si beau visage et accueillir la soudaine jeunesse qui nous revient devant une larme discrète ou un rire éclatant, dont bien sûr nous vanterons savamment l’éclairage habile et le chef-opérateur surdoué, car le désir participe au plaisir du cinéma. Hommes, nous pouvons désormais entrer dans le film en se choisissant son propre rôle. Nous avons tous un rôle dans les films que nous regardons, et parfois nous devenons la femme que soudain nous aimons comme nous-mêmes et haïssons l’homme qui nous abandonne alors que nous devrions nous en réjouir.
Lorsqu’on en oublie le jeu parfait et le rôle habité, l’actrice gagne son pari. Elle est devenue actrice en effet et le film est bon. J’ai cité quelques prénoms, et je ne les ai pas cités au hasard, elles font bien entendu partie de mon panthéon. Comme beaucoup d’autres, et n’y sont pas nécessairement les mieux placées, mais inévitables si je veux que tu me croies, exceptée la jeune Monica, qui n'a jamais gagné le pari.
L’idée des seconds rôles est une très bonne idée. Ces actrices dont le passage, parfois bref, parfois répartis en courtes séquences sur les deux heures, font qu’on va revoir le film sans savoir que c’est juste pour elles qu’on revient; on ne s’en rend compte qu’à la septième fois quand les murailles tombent. Ces actrices qui mettent toute leur force dans ces moments de tournage qui n’appartiennent qu’à elles et dont elles savent qu’ils seront plus précieux dans le cœur de beaucoup que les répliques cultes des grands projecteurs, car elles savent toutes pourquoi elles sont là, pourquoi elles s’exposent, pourquoi tant de dangers ne leur fait pas peur, toutes ces amazones qui le chantait si bien de leurs sœurs l’ami Claude font la guerre quand nous ne faisons qu’un match, pourquoi certaines d’entre elles en meurent, sont celles qui m’intéressent vraiment.
Oui monsieur correcteur, la phrase est longue et je t’emmerde. Je suis liseron quand je veux.
Je ne vais donner que deux noms. Je n’en aurais bien donné qu’un, mais il en résulterait des déductions mal placées. Il me faut trouver une combattante, émouvante et fragile, mais intraitable, qu’elle soit victorieuse à la fin ou qu’elle se prenne injustement une balle perdue, qu’elle obtienne réparation ou vengeance équitable, qu’elle devienne la malfaisante secrète ou la passante à peine entrevue même pas importante dans l’histoire. Sa seule apparition m’illumine le film et me décolle imperceptiblement du fauteuil, ce qui dans le quartier latin soulage le train. Elles sont nombreuses ainsi, et n'en citer que deux sera les citer toutes, ne tente pas d’isoler le nom du reste.
Avec deux je ne ferai pas d’ombre aux tues, de Binoche à Emmanuelle je préfère la première à la seconde, de Mathilde à Catherine malgré la différence d'âge, de Viard à Baye, de Morgan à Mastroianni le champ s'agrandit au point de les contenir toutes entre elles deux. Ajoute qu'on trouve la mère et la fille dans la même phrase, il est de ces hasards qui n’en sont pas venant des plus récentes rencontres, tu auras compris que peu vont échapper à ces fourchettes.
D'avoir cité les extrêmes ne signifie pas que je les préfère obligatoirement à celles que je passe sous silence. Je me risque ainsi à citer Marlène Jobert et Miou-Miou qui ont une petite place à part qui échappe au précédentes catégories, je ne les ai pas placées au panthéon, je veux ne me les garder que pour moi, hors de question que je les cite comme les deux noms emblématiques que je t'ai promis, déjà je m'en veux de t'en avoir parlé.
Voilà pourquoi il serait absurde de nommer celle qui serait la meilleure, ou celle qui serait ma préférée. Je n’ai pas croisé mes deux noms depuis assez longtemps pour éviter l'écueil du dernier bon film vu ou de la dernière promo en date, comment échapper aux promos? Peut-être ne les connais-tu même pas. Pourquoi ces deux noms plutôt que d’autres ? Tu le comprendras en relisant du début, et ce que tu ne comprends pas restera secret.
Marie Bunel. Anne Kessler.
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jeudi 22 mai 2008
André et la rivière
Commentaire à Clopine devenu billet par la force de la paresse. Il fallait bien aussi relancer ce blogue endormi.
Il n'y a que vous, Clopine, pour poser des question auxquelles je ne veux pas répondre et auxquelles pourtant je réponds parce que c'est vous justement qui me la posez.
Rivière est un nom qui coule de source. C'est un pseudo, aucun officier d'état civil nulle part dans le monde n'accepterait de m'attribuer ce nom. Et pourtant, voyez comme il me va comme un gant, moi qui ne me baigne jamais dans le même fleuve et qui ai des accointances avec le vieil Héraklite.
Ma grand-mère paternelle se nommait Marie Rivière, de naissance. Au début du siècle dernier, tout le monde se nommait ainsi, on ne peut faire plus banal et transparent, si banal et si transparent que personne ne m'a jamais parlé de cette grand-mère que je n'ai jamais connue, morte trente ans avant ma naissance.
C'est probablement pour lui redonner chair et os, lui rendre justice, que j'ai pris son nom pourtant si courant. Et un peu littéraire aussi quand même. J'ai découvert sa tombe après force recherches dans un cimetière perdu au fin fond de rien, très loin de sa campagne poitevine où elle vécut, et rien ne m'explique ce que fait là-bas ailleurs cette plaque à moitié renversée qui n'attend plus que le bulldozeur, le bouteur comme disent les puristes minoritaires, pour faire la place aux jeunes. Des secrets de famille insondables, que même des baudets du Poitou ne sauraient brouter sans dommages, et qui disparaîtront avec la rénovation programmée des espaces municipaux d'ailleurs là-bas du fin fond de rien.
La glèbe du Poitou ne saura rien d'elle. J'ai fait tout un livre déjà de son histoire imaginée qui jamais ne sera blogué, et qui est retourné au fond de mon tiroir après n'avoir jamais réussi à franchir la barrière de la lettre type des éditeurs.
Voilà pour le pseunom.
Le prénom a suivi un chemin plus tortueux, qui a duré plusieurs années avant que j'en accepte l'évidence. Il a fallu des convergences. Celle du prénom quelle donna, ma grand-mère Rivière, à son fils aîné, qui se trouve être devenu mon père quelques années plus tard. Celle de la Cathédrale où je fut baptisé (mais je suis guéri), en la bonne ville de Bordeaux que je ne saurais renier sans disparaître, non que mon nom soit ce prénom là, mais après tout, n'est-ce point la cathédrale Saint-André?
Vous voyez, même le pseuprénom a à voir avec Marie qui nomma son fils André qui baptisa le sien chez Saint-André. Convergences, disais-je.
Quant à l’Aime qui se colle à l'André, l’Aime d’Andraime, d’Andrem, c'est une autre affaire ; l’affaire d'aimer peut-être, l’affaire d'un vrai prénom mais ce n'est pas certain, un prénom à faire chauffer, l’affaire de l'aime de Marie, c'est bien possible. Il me la fallait, cette Aime, pour qu'enfin je me résolve à l'évidence que je ne pouvais être que lui, Andrem Rivière, et que je ne pourrai jamais en changer.
Il m'est plus littéralement indispensable que mon nom de citoyen, de mari, de père, de grand-père, et de fils de ma lignée. Il la contient secrètement et entièrement, la lignée.
Vous comprendrez ainsi pourquoi ce prénom de Marie m'est si important et pourquoi je ne pouvais pas ne pas répondre à votre question à laquelle je ne réponds pas.
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mardi 18 mars 2008
Plaidoyer pour Ingrid
Je suis inexistant en vidéo et je ne peux même pas voir celle de ton billet, encore moins la recopier ici, des histoires de flux, de bande passante, de Proxy et toutes ces choses que tu sais mais pas moi. Alors j'écris. C'est tout ce que je sais faire; peut-être que je recopierai ensuite chez moi, avec les habituels arrangements qui font que je ne sais jamais recopier sans rajouter. Je mets le lien vers Vin² dans mon titre, pour que vous puissiez remonter le courant vers la source, pour les intrépides, et voir la vidéo.
Mais il se trouve que la cause de la libération d’Ingrid Bétancourt me touche, ce qui n’a rien d’original, et pourquoi donc devrait-on à toutes force être original lorsqu’on touche ainsi, si facilement oserais-je dire, ce qui fait de nous des êtres humains. Alors bonne conscience ou non, politiquement correct ou non, peu me chaud, je participe à la chaîne qui se forme pour tenter d’obtenir la libération d’Ingrid Bétancourt. A force de chaînes entrelacées, si dérisoires soient-elles chacune, nous finirons bien par tisser un filet dans lequel nous pouvons espérer ramener Madame Bétancourt encore vivante. C’est bien un texte que je propose dans ce but, auquel je rajoute le lien (cliquer ici ou sur le titre de ce texte) avec la vidéo trouvée chez toi, Vin², mais que je n’ai pas vue. Je te connais un peu pour penser que je peux diffuser en confiance.
De la lutte armée en général et des FARC en particulier.
J'ai longtemps eu comme une sorte d'indulgence vis-à-vis des FARC, cette sorte d'indulgence qu'on ressens pour les mouvements même violents qui font se dresser des populations totalement privées de leur âme par des profiteurs puissants et sans scrupules. Bien sûr, il faut retirer toute connotation morale à ces mots, ce qui n'est pas le plus facile, mais je ne vais pas me lancer ici dans l'analyse des pourquoi et des comment. Le fait est que des populations, porteuse d'anciennes cultures et survivants d'anciennes civilisations, sont en situation de disparaître face à des conquêtes autrement plus destructrices que les Espagnols du sacré bon vieux temps.
Et que des soldats sortis de leurs rangs viennent se dresser contre ces puissances conquérantes, parce qu'il n'existe plus aucun autre moyen pour eux d'exister, tout simplement exister, me semble légitime et méritoire. Note bien qu’il s’agit de recours ultime de survie, de sauvegarde désespérée de l’essentiel. Ainsi les FARC rejoignaient les mouvements de résistance armée qu'on trouvait au Nicaragua, au Guatemala, au Chiapas, et qu'on y trouve encore. Qu’on ne s’attende pas à me voir célébrer ici quelques Corses déjantés et quelques Basques mafieux, ou l’inverse. Le sujet est plus sérieux en Amérique Latine.
Mais le courage et la lutte violente ne suffisent pas s'ils ne s'accompagnent pas d'une réflexion politique, je vais continuer d'éviter les mots de morale et d'éthique, pour éviter le larmoiement inutile du donneur de leçons.
Quand j'écris le mot "politique", je ne pense pas à la seule référence à un quelconque Marxisme totalement hors sujet ici, ni même à un plaquage pur et simple de ce qui s'est passé à Cuba il y a plus de cinquante ans. Il leur faut juste une réflexion politique capable d'analyser les rapports de force, et surtout de définir les objectifs à atteindre en terme de faisabilité et de viabilité, en terme de longue durée.
Pour prendre l'exemple du Chiapas, ou du moins le peu que j'en sais, on peut penser que le combat "révolutionnaire" du sous-commandant Marcos et de ses émules est construit sur cette base. Savoir séparer le souhaitable du possible, garder le soutien actif de la population, garder une image internationale positive, maintenir ainsi sur le pouvoir (éventuellement) complice des conquêtes destructrices une pression tant politique que militaire, enfin toutes ces choses qui font qu'un mouvement s'inscrit dans la durée et dans le paysage, et laisse même en cas de défaite, ce qui peut très bien arriver , un souvenir qui aide les survivants à survivre, et qui en cas de victoire (le mot victoire étant à prendre avec des pincettes) permet de se convertir sans peine à un mode plus civilisé de confrontation des idées et des intérêts, qu'on peut par exemple nommer démocratie mais rien n'interdit de trouver autre chose si autre chose existe, ou de l'inventer si autre chose n'existe pas.
Rien de tout cela chez les FARC. Ils se sont aliéné les populations locales en les rançonnant autant sinon plus que les conquistadors modernes venus des grandes banques d’affaires en toutes sortes, ils se sont aliéné l'opinion internationale dont on sait pourtant à quel point elle peut, bien mobilisée, soulever des montagnes. Certes il faut parfois dix ans, quinze ans, mais elles se soulèvent à la fin, les montagnes. Ils sont devenus les pendants consentants des escadrons de la mort du pouvoir en place et leur ont donné, ce qui est un comble, une légitimité, un certificat de bonne conduite en quelque sorte. Ils se sont enfermés eux-mêmes dans ce piège qui leur était tendu, où chacun se justifie par l’autre, mais où l'un vaut l'autre, donc l'autre vaut l'un, Héraklite n'aurait pas mieux dit.
Et le comble du comble, ils ont enlevé celle qui était la porte-parole courageuse des populations déshéritées dont les FARC se prétendaient alors les défenseurs ; celle qui, sans aucune chance de l'emporter, faisait campagne présidentielle à travers le pays pour qu'on entende, enfin, la voix des pauvres. Et précisément à ce moment là ce sont eux, les FARC, comme téléguidés par le pouvoir, qui lui ont coupé le sifflet, à cette voix. Peu m'importe que ses discours aient ou non été économiquement corrects, à Ingrid, mais elle était la voix qu'il fallait et que les FARC auraient pu amplifier, s'ils avaient eu un tant soit peu de jugeote, si la cause es pauvres était bien la cause des FARC.
Non.
Ils se sont tiré une balle, et pas seulement dans le pied. Ils sont devenus criminels. Ils ont tué Ingrid Bétancourt même si aujourd'hui elle n'est pas encore morte j'ai bien peu d'espoir, et prendre prétexte d'une opération militaire pour ne pas la libérer est une ignominie. Je sais que les militaires et le Président Urribe sont, d'une façon certaine et par ce jeu de bascule habituel et banal, complices des FARC, et que la détention d'Ingrid la gêneuse leur est bien confortable. Que personne ne voit donc ici une forme de complaisance à l'égard du président Urribe et de ses sbires.
Il n'empêche que prétexter l'opération militaire pour maintenir Ingrid Bétancourt dans une agonie sans espoir au fond de la jungle est une ignominie.
Alors voilà: s'il reste quelque chose à demander aux FARC, ce n'est pas de devenir moraux, humains, sensibles, et de céder au spectacle de la souffrance de la prisonnière et de ses centaines de compagnons d'infortune, en brandissant des arguments de raison humanitaire. Le stade de la compassion est oublié depuis longtemps. La seule demande que je leur formulerai, s'ils me lisent ici ou ailleurs pour autant que quelqu'un à son tour relaie ce texte, ce sera de devenir intelligents.
FIN.
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lundi 18 février 2008
Les paillettes et la vérité #10/10.
Il faut conclure, j’ai déjà bien assez tourné en rond et je vous invite à faire la chasse à mes contradictions, attention à ne pas confondre il y a contradiction et contradictions. Ce petit jeu vous amusera peut-être et me permettra de réfléchir plus loin que ce bout de mon nez, la main dans le sac et la goutte au nez.
Je me garde le droit de juger monsieur Sarkozy sur pièces, y compris celles qu’il me fournit lui-même pour m’esbaudir. Et de ces pièces à conviction, j’en déduis ce que je m’étais confirmé depuis longtemps, Monsieur Sarkozy est d’une vulgarité insupportable, d’autant plus insupportable qu’il fit des taches sur son costume de président de la république, et donc sur mon pays. Car il sert aussi à cela, le Président, à être mon pays face aux autres, et je me surprends aujourd’hui à ne plus avoir de respect pour mon pays, de son fait.
J’emploie ces mots brutaux à dessein, reprenant ce que vous reprochez à l’article que vous mettez en cause, il s’agit bien de mon avis personnel ; j’espère que vous avez compris qu’il ne relève pas d’une simple attitude réflexe de snobinard parisien, mais qu’il révèle la condamnation de l’ensemble, contenu et contenant, après des mois d’observation dont je revendique qu’elle n’était pas complaisante d’emblée ; mais au fond, quelle importance, les complaisants semblent commencer eux-mêmes à douter.
Six mois d’observation n’ont fait que me confirmer dans mes pires craintes d’alors, qui m’auraient valu alors l’accusation de procès d’intention soi-disant mal fondé. Les intentions sont aujourd’hui largement dépassées, au-delà si j’ose dire, de mes plus noires espérances, désespérances. Votre position n’est pas au niveau de l’enjeu auquel nous sommes désormais confrontés et qui est bel et bien un enjeu de civilisation. En cela Edgar Morin a eu raison de choisir ce mot, au risque de le voir détourné et falsifié par le plumitif de service.
Vous vous contentez de critiquer la critique de la forme, sans vous attarder au fait que la seule vraie question que pose l’article que vous visez est la question de la raison d’être d’un président de la République, pour lui-même peut-être, mais surtout pour nous.
Sachez-le, je n’ai que faire d’un président de la République tel que cet Olibrius. Il emmène mon pays dans des territoires qui me désespèrent, et la civilisation dont je me réclame encore dans l’égoût. De la parade de riche à la botte sur le migrant, de la chasse aux écoliers à la haine de l’intelligence.
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mercredi 13 février 2008
Les paillettes et la vérité #9/10
A charge pour moi de manifester ma désapprobation, raison de plus même, ce qui n’est pas une forme de résistance illégale mais ma liberté de démocrate. Désapprouver ne signifie pas désobéir ; en venir à cette extrémité si par aventure je devais considérer comme nécessaire de me mettre hors la loi de lois scélérates, m’exposerait à des sanctions dont je serai très mécontent mais que je ne chercherai jamais à qualifier d’illégitimes.
Rien de cela n’est valide en entreprise. Je ne suis pas citoyen de l’entreprise mais salarié. Il se trouve que mon métier me plaît et que volontiers j’y passe plus de temps que la stricte règle du temps de travail, beaucoup plus ; que ceux qui insultent les trente-cinq heures viennent me voir, je leur montrerai comment elles n’ont rien pénalisé de la productivité et que elle et moi nous nous y retrouvons malgré tout, oui Alliolie, il des choses qui sont beaucoup plus compliquée que les slogans sans pensée façon Laurence Parisot. Sachez que si je trouvais moyen de vivre sans aller chaque matin aux quartiers que je me dois de fréquenter pour y dépenser mon énergie à rapporter des sous à un lointain financier, plus personne ne m’y verrait, dans ces quartiers, quand bien même mon métier me passionne, ce qu’il fait.
Mon pain à la sueur de mon front.
Le chef d’entreprise ne me représente pas, il représente son entreprise à son niveau tout comme moi au mien, et s’il se fait prendre dans une allée du bois de Vincennes en galante compagnie, je n’aurais pas à en justifier, y compris devant les clients de Belgique. Si alors le Marché m’échappe à cause de cet incident comique, je sais qui est le fautif et je peux regarder les belges en face.
Aucune honte ne ternira le bleu acier de mon regard de fauve, mon Dieu comme c’est beau.
Le chef d’entreprise n’a pas à considérer ses salariés comme ses citoyens, et si l’un d’entre eux lui déplait, il s’en sépare. Certes c’est un peu compliqué encore heureux, et ce sera bientôt moins compliqué sous prétexte de rentabilité ce dont notre Laurence se réjouit à juste titre mais les salariés nettement moins, mais il s’en sépare. Un Président ne peut se séparer de ses électeurs, quand bien même ils seraient un peu bruns de peau.
Le chef d’entreprise ne procède pas de ses salariés, mais de son actionnaire. Aucun salarié n’a voté pour lui, quant à l’actionnaire, le petit jeu des procurations et des accointances fait qu’il a peu à voir au chapitre non plus. Le Chef d’Entreprise n’a pas besoin d’être populaire pour faire œuvre de rentabilité, ce pourrait même être un handicap, et un chef trop apprécié chez lui devient vite suspect aux yeux des possédants. Vous vous souvenez j’espère, les Maîtres de Forges.
Alors cessons de nous donner des airs de compétence économique mal venue en affirmant d’un air compassé que la France se gère comme une entreprise. La voici donc, la civilisation dont il rêve, l’autre monsieur agité ? Oui, je me lâche, devant tant d’infamie. Dans le cas de mon pays l’argent est un moyen de la politique à conduire, dans le cas de mon employeur, l’argent est une fin et le seul objectif qui reste braqué du haut en bas de la structure, je parle bien sûr des étages de l’immeuble, est le résultat net normé au 31 décembre prochain.
Souvenez-vous qu’un jour quelqu’un m’avait fait part de son regret de voir Jacques Chirac attaqué en justice, en ce que cette attaque venait ternir le blason de la France par l’offense faite à un chez d’état, un ancien chef d’état. A l’inverse, un chef d’entreprise traîné en justice laisse le plus souvent les salariés indifférents et parfois satisfaits, et l’actionnaire regrettera momentanément la chute du cours en bourse, il se consolera en voyant que cessent les détournements et les trafics, les mensonges et les combines qui dissimulaient à ses propres yeux la réalité de l’entreprise où il avait investi. Il s’agit exactement de la même question.
On voit bien qu’il ne peut y avoir aucun rapport entre l’autorité et les méthodes d’un chef d’entreprise et celles d’un Président de la République, ne serait-ce que par ce que représente sa fonction face au Peuple qui l’a élu, face au monde qui le regarde et l’écoute. Pour une fois, je vais prendre le Président à son propre mot : il travaille pour la civilisation, à lui de ne pas se tromper de civilisation, à nous d’accepter ou de refuser librement et démocratiquement celle qu’il prétend construire.
Un chef d’entreprise n’a jamais prétendu faire œuvre de civilisation et s’il le fait, il dépasse sa fonction et se plantera en beauté pour mégalomanie, ou alors c’est involontaire, et parfois les deux. Il plantera surtout les salariés, et parfois les actionnaires. C’est pourquoi les actionnaires n’aiment pas la mégalomanie des chefs qu’ils ont choisi, ce n’est pas une civilisation qu’ils attendent, mais du profit.
Je vous le précise, je sens que vous avez besoin de cette précision, ce mot pour moi n’est pas un gros mot. Il n’y a pas que vous qui pourriez le penser alors je persiste et signe, ces mots ne sont pas des gros mots, et je ne deviens pas exémateux à la seule idée que le profit est la fin de toute entreprise qui se respecte.
Je me méfie du zèle de certains de mes amis.
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lundi 11 février 2008
Les paillettes et la vérité #8/10.
Je l’ai pourtant désigné parfois. J’ai dit le monsieur. J’ai dit l’agité. Il l’est, il n’en fait pas mystère, il s’exhibe ainsi. Que ce soit naturel ou calculé, c’est criant de vérité et je ne fais pas dans le dénigrement facile en me contentant de décrire ce que je vois. Il veut que je vois, il ne peut se formaliser ni vous que je dise ce que je vois et que je le nomme ainsi. Et j’ajoute que ce n’est pas correct d’être ainsi quand on est Président de la République.
L’argument a été cent fois rebattu. Pourquoi n’aurait-il pas le droit d’être naturel et de se montrer tel qu’il est, pourquoi ce formalisme et cette hypocrisie ? Encore ce soir à la radio, un dominicain très propre sur lui a encore utilisé cet argument : c’est un homme et il a le droit d’exprimer ses idées intimes comme chacun. Il était question d’un tout autre sujet que les paillettes et les photographes, mais le principe de l’argument est le même, et la réponse doit être la même aussi. Monsieur Sarkozy est Président de la République, il représente la France, il me représente, et je n’aime pas être représenté par un presque clown, quelle que soit mon admiration pour les clowns et les saltimbanques, eux n’ont jamais prétendu devenir Présidents de la République.
Coluche ? Allons donc. Il a justement fait la preuve de la stupidité d’une telle démarche en montrant à quel point les faiseurs de rois s’en repaissaient, il s’est sauvé à temps, juste comme son numéro prenait mauvaise tournure à être pris pour du vrai.
Personne n’a obligé Monsieur Sarkozy à devenir Président, et il doit par définition même, se donner une posture digne de ce titre prestigieux et des responsabilités qui vont avec. Ce n’est pas une question de naturel ni d’hypocrisie, c’est une question de dignité d’un pays tout entier. L’homme Sarkozy nous est désormais totalement indifférent, ses ennuis de santé comme ses besoins nocturnes, il se doit de nous faire honneur, et j’en suis désolé pour vous comme pour moi, Alliolie, il nous fait honte.
Il croit que nous lui appartenons, il n’a pas compris qu’il nous appartenait, et que lorsqu’il se montre, il nous désigne, il nous expose. Nous, soixante trois millions de français ridiculisés par son ivresse à la tribune, par ses frasques de riche, par ses amours ostensibles, par sa culotte de coureur matinal. Monsieur Giscard d’Estaing avait osé l’accordéon, et il a vite compris le ridicule qui menaçait, il n’a pas insisté. Je n’ai pas d’autres exemples qui me viennent, à part les socquettes de Chirac, mais c’était involontaire.
Je le redis, un Président n’a pas à être ainsi, n’a pas à être un individu comme vous et moi. Moi-même, dans l’exercice de mes fonctions, face à ceux qui représentent des intérêts autres et des puissances partenaires ou adversaires, je me dois une tenue qui va souvent à l’encontre de mes envies, de mes goûts, de mon naturel. Et le surgissement des tripes ne peut se concevoir que dans une ruse tactique bien maitrisée et assez rare pour être payante. Je ne suis qu’à mon petit niveau de soixante-trois millionième, alors que dire de celui que je dois ensuite assumer s’il dérape.
J’étais en Belgique le jour où la télévision de cet étonnant pays a diffusé les images du Sarkozy éméché chez les russes. Vraie ou imaginaire, cette ivresse a été l’objet d’une situation embarrassante où j’ai quasiment été contraint de m’en expliquer par les honorables clients que je visitais. Et pas question de se défiler au motif que je n’aimais pas le triste sire. C’était mon Président et ma compétence technique ne pouvait être reconnue qu’une fois convaincantes les réponses données. Je vous donne cet exemple pour montrer à quel point chaque geste public d’un Président a son importance, et que rien de naturel ne peut dépasser, pas plus qu’une braguette ouverte ou une chemise débraillée. Vous appelez peut-être cette contrainte hypocrisie, je l’appelle respect.
Pour donner un autre exemple, je reviendrai à mon dominicain. Le débat portait sur le contenu du discours de Saint-Jean de Latran. Le dominicain, mis en difficulté par des débatteurs pour une fois solides, avait tenté de minimiser la portée dangereuse des propos du Président en affirmant qu’il exprimait ses convictions intimes de croyant, et que comme tout citoyen il est libre d’avoir ces convictions là. Défense particulièrement pernicieuse, quand on sait qu’il s’agit d’un discours mûrement pesé et écrit au moins en partie par le dominicain en question, et que discourir comme Président devant un pape engage bien plus que la simple intime conviction du monsieur.
Défense à double tranchant qui prouvait si besoin était que les arguments de défense du fond ne tenaient plus et qu’il fallait se réfugier dans un dernier carré de sauvegarde, celui de l’intime où personne n’oserait pénétrer. Eh bien, si, on ose, dès lors que cet intime recèle des envies qui ne vont pas tarder à déferler si l’on n’y prend garde.
Mais notre débat ne porte pas sur ce sujet, ce sujet de laïcité que vos derniers écrits ont également maltraité à coup de lieux communs bien dans la ligne du brave dominicain, qui méritera certainement chez moi du moins, de plus amples écrits, par ce qu’il porte en germe de destruction de civilisation, puisque ce mot est à la mode, à ce qu’on dit. Je ne dénonce ici que le procédé bien au point qui consiste à réduire la portée d’un propos au motif de l’intime dans le seul but d’échapper momentanément aux critiques argumentées, en attendant de les réduire au silence par une autre voie.
Paillettes, je vous dis, paillettes et poudre aux yeux, poudre dans le nez.
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jeudi 7 février 2008
Les paillettes et la vérité #7/10.
J’ai récemment entendu que la France était coupée en deux, d’un côté la gauche-caviar de l’autre la droite-cassoulet. J’admets volontiers que ce n’est pas une analyse très fine de la situation avec considérants graves et attendus savants, mais c’est rigolo et devant la débilité complaisante de l’expression gauche-caviar, je me plais à disposer de cette expression, droite-cassoulet. Vous avez dû l’entendre comme moi, elle circule large en ce moment, et elle vaut ce que vaut l’autre. Je sais que gauche-caviar vous est revenue plus d’une fois dans la bouche et que vous vous y complaisez, alors laissez moi ce petit plaisir que je n’ai pas su inventer tout seul et qu’une fille en rouge m’a soufflé dans l’oreille.
L’intellectuel parisien. Intello bien stigmatisé dans sa petite boîte, sa petite étiquette, gauche-caviar, Café de Flore et compagnie : quelle déception de vous voir dans ce marais, particulièrement banal, facile et vieillot. Boris Vian s’en insurgeait ce qui n’est pas récent, Jean-Jacques Rousseau en son temps, et peut-être même Montaigne. J’espère que vous en êtes consciente maintenant. Des siècles que la stigmatisation est éculée, et vous continuez.
Nul besoin de boire son café chez Flore.
Où serait donc le combat, qui contre qui ? Serait-ce bien l’élite parisienne contre le gros bon sens populaire. L’élite ainsi durement qualifiée par vous-même alors même que vous en faites partie tout comme moi, volens nolens, alors même que nous savons tous deux ce que signifie à terme le mépris affiché pour ceux qui réfléchissent et qui se refusent aux facilités. Et quand bien même ils s’écouteraient un peu trop parler, ils se contempleraient un peu trop dans leur miroir, chemise blanche ouverte, en tirant leurs cheveux rebelles, forcément rebelles, en arrière d’un geste nonchalant de la main en peigne ? Et quand bien même ils leur arriveraient de manger un soir de fête une cuillère de caviar ? Est-ce pour autant que ce qu’ils écrivent est disqualifié ? Faut-il ramer dans la misère pour être forcément de gauche ? Le faut-il pour combattre le capitalisme avec des idées et des idéaux ?
Et je suis sûr que parmi eux il en est beaucoup qui ne sont pas de gauche, voilà qui pourrait vous rassurer, et vous inviter à moins les stigmatiser. Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens, c’est bien connu.
Des gouvernements de triste mémoire se sont fait une spécialité de les pourchasser, ces gauches maladroits, caviar et vieilles dentelles. Je ne veux rien stigmatiser ni rien amalgamer, quoiqu’il faille toujours ouvrir l’œil face aux prémisses. Je pense à Savonarole.
Vous pensiez peut-être à autre chose ?
L’élite n’est pas ce que vous prétendez. Quelle est-elle en vérité ? S’agit-il de ces petits marquis qui aujourd’hui se pressent en rubans autour du monsieur agité ? Ses prédécesseurs, j’en conviens, ont eu aussi ces petits marquis, ou d’autres qui leurs ressemblaient comme des frères. Chez ces gens là, on ne pense pas, on ricane, et il est de bon ton dans cette élite de ricaner sur les intellos dont je suis, qui paraît-il se gobergent au café de flore. On les montre ainsi du doigt et on évite par ce pilori de se pencher sur ce qu’ils disent ou écrivent, ces empêcheurs de courtisaner en rond, on désigne ce qui doit être lynché et tous de s’y mettre, et je vois que vous en êtes.
Ils ne sont pas martyrs, ne me faites pas exagérer non plus. Ils vivent bien en général et ont pignon sur rue, encore heureux, et ils peuvent librement s’exprimer. N’en faites pas un titre de gloire et une perversion pour les déconsidérer sous prétexte qu’ils n’ont pas besoin du courage d’un rebelle en dictature. La persécution n’est pas en soi un gage de qualité, et qu’un intellectuel puisse contester la cité librement sans être inquiété ne peut en aucun cas servir à déconsidérer sa contestation. Ce qu’ils disent n’en est pas moins utile à entendre et à humer, et mérite peut-être d’être contesté, mais cette fois par le seul discours.
Il est de nombreuses façons de lyncher, en pays de liberté.
Je suis un snob de chez snob, comme vous dites. "Et quand je serai mort j’veux un suaire de chez Dior". Je vous le disais, ce débat ne date pas d’hier et vous me semblez découvrir le fil à couper le beurre. Voilà cinquante ans que je suis snob, avant je ne connaissais pas le mot mais je devais déjà l’être. J’aime chercher midi à quatorze heures, me noyer dans un verre d’eau, trouver pornographiques les flous de Davis Hamilton et érotiques certaines images crues ; j’aime le théâtre d’avant-garde et je ne fais pas la différence avec un bon vieux Feydeau, un fin Guitry, et un impérissable Molière ou Marivaux. Je pense à une différence de plaisir, bien sûr que les uns et les autres ne traitent pas des mêmes mondes, en sommes nous si sûrs d’ailleurs, qu’ils ne traitent pas des mêmes mondes. J’ai même aimé le dernier Astérix.
Parfois deux mille ans ne suffisent pas et je me complais dans Eschyle. J’aime le free-jazz et le camembert au lait cru. Je suis snob parce que je n’aime pas le pré-pensé, parce que je ne vais pas au succès au seul vu du succès, parce que je me méfie de la lapalissade et de l’évidence. Et j’ai même aimé le dernier Astérix.
J’ai toujours su que l’évidence et la facilité étaient des pièges. Ne croyez pas que je me vante, ils sont nombreux ceux qui m’ont traité de snob depuis tout ce temps et j’ai renoncé à me défendre, je le suis puisqu’ils le veulent et si je peux vous faire ainsi plaisir je me dénonce auprès de vous. Vous ne m’avez pas attaqué par votre billet et je ne cherche pas à rendre des coups que je n’ai pas reçus, je dis seulement ce qui est, à titre d’exemple : je sais depuis longtemps à quel archétype j’appartiens. Mais je n’accepterai pas qu’on me reproche, sous prétexte d’archétype, le moindre commencement de mépris du populaire. Et j’ai même aimé le dernier Astérix.
Ne vous faites pas pire que vous n’êtes. Vous êtes une intellectuelle et de l’être vous va très bien. Acceptez-le, pour vous et pour ceux qui vous entourent. Et si une petite soif vous prend en bas de la rue de Rennes, buvez une orangeade aux deux magots. Une orangeade ou une vodka polonaise, ou une tequila bien tassée. C’est vous qui boirez. Vous serez sûre de ne pas m’y rencontrer c’est trop cher pour ma bourse populaire.
N’oubliez jamais que ce ne sont pas seulement les présidents de la République qui ont construit notre monde, mais les ouvriers de vos maîtres de forges, et les intellos de chez Flore et compagnie, Voltaire, Spinoza, Héraklite et l’armée de leurs descendants dont les noms ne disent rien à l’agité. Sauf, peut-être, idée soufflée par l’esclave plumitif, pour en piller des formules une fois vidées de leur sens.
Et peut-être même que vous aimerez le dernier Astérix.
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mardi 5 février 2008
Les paillettes et la vérité #6/10.
6. Populaire.
Tous les philosophes du monde l’ont dit, seul compte le chemin qu’on parcourt, le but n’a pas vraiment d’importance, que nous reste-t-il une fois arrivés ? Vous voyez bien, j’en suis au sixième chapitre, je ne sais toujours pas où je vais, je rebondis de phrase en phrase au prétexte de vous critiquer, ne sachant plus pourquoi nous en sommes venus aux mains. Enfin je continue, comme dit la chanson d’Henri.
Les confusions, du savoir vrai et parfois difficile et du jargon de pacotille, du succès populaire et du spectacle désolant mais couru, de l’érudition un peu hautaine et de la confiture qu’on étale à l’envi, voilà un vieux marronnier de grincheux qui ne savent comment critiquer et qui oublient de réfléchir et faire réfléchir. Franchement, comment avez-vous pu laisser passer ces mélanges et ces amalgames, même au motif de la concision ? Le quart d’une telle approche dans n’importe lequel de vos examens passés et réussi vous aurait donné un zéro pointé, sans le moindre regard du jury indifférent.
Vous savez aussi bien que moi qu’un grand succès n’est pas un gage de qualité, mais qu’il n’est pas davantage une preuve de basse démagogie alimentaire. Alors pourquoi le prétendre, ou du moins y souscrire sans sourire, pour soutenir votre thèse ?
Je vais citer quelques exemples, au risque de me prendre les pieds dans le tapis.
Le prix Goncourt. Il est de bon ton, dans les milieux intellos que vous stigmatisez, de trouver dérisoire ce hochet à écrivains, cette pompe à phynances d’éditeur. On en vient dans cette logique à décider qu’avoir le Goncourt est une preuve d’écrivain raté, de mauvais faiseur, et on ricane. Vous voici satisfaite, les intellos sont des nuls, vous me l’aviez bien dit.
Erreur. Les mécanismes économiques qui font et défont les Goncourt sont des mécanismes de Marché, basés sur le principe de l’offre et de la demande, et tout homme d’affaire sait que pour stimuler l’offre rien ne vaut mieux que d’augmenter la demande. Ce que vous appelez l’économie libérale, en quelque sorte. A partir du moment où l’on attaque les principes même de cette façon de concevoir les relations économiques, on en vient en parfaite logique à démasquer les prix littéraires comme un artifice destiné à gonfler la demande, exactement comme on ferait pour un yaourt ou une automobile. On est largement sorti de la critique désabusée d’écrivains jaloux pour entrer dans un véritable débat digne de ce nom. Et enfermer d’un air supérieur ces critiques dans la terrasse du Flore est une ruse pour éviter ce débat là, ce déballage.
Notez bien que je ne prends pas partie ici pour ou contre le Goncourt en soi, ni pour ou contre la qualité littéraire associée au Goncourt. Sur ce plan seul, je pense que ce prix, et les autres qui l’accompagnent, font œuvre utile en ce qu’ils maintiennent au livre un certain statut qui donne corps à l’envie de lire, et que la création d’une demande pour une œuvre littéraire, bonne ou mauvaise, et une création qui me convient. Le capitalisme a parfois des retombées positives, pour rester dans ma logique antérieure. Mais vous comprendrez par ce que je dis là que le sujet n’est pas l’intello parisien mais porte une charge autrement plus lourde pour se contenter de votre dédain simplifié.
On peut dévier plus loin sur le statut du livre et de l’objet culturel, de son commerce et des profits qui en résultent, mais nous irions trop loin de notre sujet, sans utilité pour le débat, cette fois. Un autre jour, nous y reviendrons peut-être histoire d’avoir d’autres sujets de crêpage de chignons.
Je ne suis pas de ceux qui confondent succès et qualité ; et je suis très hostile à un tel mélange, et à ceux qui le pratiquent, dans le sens du courant du bon vieux syndrome de la star parfaite car star, ou dans le sens inverse du bon vieux syndrome de l’artiste maudit. Par votre argumentaire, vous vous faites la complice de ces mélangeurs en croyant les attaquer. Une salle pleine au Zénith n’a jamais prouvé que la musique était bonne, mais n’a jamais prouvé non plus qu’elle était mauvaise. De constater que Bigard a rempli le stade de France ne me fera jamais dire qu’il n’est pas drôle, et si je le trouve vulgaire c’est mon affaire à moi seul, et si je trouve Bedos ou Roumanov drôles c’est aussi mon affaire.
Lelouch a un succès populaire et je n’aime pas ce qu’il fait, Chabrol aussi et j’aime ce qu’il fait. J’aime ce que fait Godard et il n’a pas de succès. Ce qu’en disent ceux que vous nommez intellos est variable, Flore ou Magots, et si par aventure deux d’entre eux sont en désaccord je sais qu’ils se jetteront les chiffres de fréquentation à la tête, en quoi ils ont tord. Un succès ne signifie ni qualité ni nullité. Une résonance, à la rigueur, un esprit du temps, un universalisme bien trouvé ou, en cas d’échec commercial, une vérité trop difficile à avaler sur le champ, ou un maniérisme trop élaboré ou trop hermétique. On n’a jamais demandé à Mallarmé d’avoir de gros tirages.
Les mystères du succès ou de l’échec n’ont jamais été bien percés, sinon tout le monde en aurait, du succès. Il ne prouve ni n’invalide rien, il est ou n’est pas. Votre journaliste a fait fausse route en accusant le président de chercher le succès par une touche de populaire et de chercher le populaire par la vulgarité. Vous lui avez reproché cette démarche en lui faisant le mauvais procès qu’il ne fallait pas faire car il valide la démarche que vous vouliez attaquer.
Le comportement du président est vulgaire, en gestes, en mots, en postures ; ce n’est pas un plan communication, comme on dit maintenant, c’est juste le personnage. Je n’ai pas assez de connaissance intime pour prétendre que c’est la personne, je m’en tiens à ce que je vois, à ce qu’on me montre, à l’ostensible ; c’est ce que tout personnage public se doit d’accepter pour la part de lui qui est publique, et plus il en met, plus j’aurai à en juger.
Dans ce cas précis, les ingrédients de sa salade m’insupportent. Qu’ils vous agréent n’y changera rien, et je juge sa politique sur ce que je vois, y compris ce que je vois en premier, la salade et son assaisonnement. Il se trouve que peut-être, en négatif, ce sera cette vulgarité qui le rendra impopulaire, c’est tout le mal que je lui souhaite.
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vendredi 1 février 2008
Les paillettes et la vérité #5/10.
Après l'intervention de la police, le 5 février, dernier avatar.
5. La vulgarité.
Revenons à notre mouton journaliste. Vous reprochez à l’article de reprocher à un président de la République de soigner une forme plutôt qu’une autre, et dans le cas qui nous occupe de faire preuve du mauvais goût d’un nouveau riche pour flatter le bas peuple ; c’est ainsi que j’ai compris votre attaque, basée sur l’idée que le mauvais goût est relatif et qu’il est honorable dès lors qu’il plaît au peuple. Pour qui se prend-il, ce journaliste, pour se permettre de juger du haut de sa petitesse de journaleux ce qui est vulgaire et ce qui ne l’est pas ? N’est-ce pas bien la question que vous posez ? Fausse question, nous savons bien ce que nous voulons dire quand nous posons la question mais pour qui se prend-il.
Je ne critique pas l’usage de la fausse question, c’est un procédé d’écriture courant qui permet de polémiquer joliment. Je m’interroge sur la pertinence de votre reproche. Pour être précis, existe-t-il une vulgarité absolue à laquelle nous apprendrions à échapper, et une vulgarité relative croissante au fur et à mesure que l’on descend l’échelle sociale.
Descendre l’échelle sociale, encore un poncif, non ?
Il n’y a pas de vulgarité relative, il y a une seule sorte de vulgarité, et celle-ci traverse tous les milieux et tous les niveaux de richesse. Sans prétendre la définir ici de façon savante et arrogante, je suis assez grand et assez vieux pour être capable de la repérer, y compris chez moi quand soudain elle survient, dans mes gestes brusques et mes actes manqués, dans les tentatives d’évasion de mon inconscient ou de mon cerveau reptilien. J’en révèle alors plus sur moi-même que n’importe quand, et je suis furieux contre le serpent qui a sévi un bref instant.
Vous n’avez jamais employé l’expression méprisante de bas-peuple. Je la devine pourtant dans votre diatribe, en embuscade aussi chez le serpent qui vous hante, et cela me choque. Nous y reviendrons certainement quand j’évoquerai les intellos que vous haïssez, le populaire, le vulgaire, et tout ce qui s’en suit. Relisez-vous : vous emboîtez le pas au journaliste, vous le suivez dans sa logique et ce n’est pas sa logique que vous lui reprochez, mais les choix qu’il pratique à l’intérieur.
Vous lui reprochez de faire sa mijaurée d’intello parisien qui méprise le vulgum, en lui opposant bien entendu votre ami président qui se montre homme comme tout le monde. Homme comme tout le monde implique que vulgarité est comme tout le monde et que critiquer cette vulgarité revient derechef à critiquer monsieur le tout le monde, le ci-devant peuple. On ne saurait mieux montrer comme vous faites que vulgaire est ainsi directement associé à peuple.
Je vous l’écrivais, vous procédez de cette même logique, en contre-champ certes, mais exactement de cette même logique, en glorifiant le vulgaire au motif que c’est populaire quand votre adversaire mépriserait le populaire, c’est vous qui le dites, en le taxant de vulgaire.
Il faut échapper à cette fausse opposition, il faut échapper au schéma contraignant et contrariant de l’association entre vulgaire et populaire, il faut sortir de cette logique. Bien entendu, il me faudrait disserter sur la différence entre vulgaire et populaire. Et si le piège était justement cette dissertation, cette tentation de lier les deux notions, et du coup de les associer, association malfaisante sinon de malfaiteurs ? Et si la seule échappatoire était de proclamer qu’il n’y a rien à voir entre l’une et l’autre, et chacune existe dans un univers qui n’est pas celui de l’autre ? Et s’il fallait d’abord crier cela, au lieu de tergiverser ?
Vous n’avez pas voulu le faire et votre journaliste non plus. Sachez que je trouve infiniment plus de vulgarité dans les comportements des messieurs qui nous gouvernent aujourd’hui, de Devedjian à Fillon, de Copé à Hortefaux. Exactement cette vulgarité que je vois chaque jour chez les élites de nos belles entreprises qu’on nous vante, ces fameux grands dirigeants plus soucieux de leurs parachutes dorés que du développement du commerce et de la recherche.
Et ces grands dirigeants eux-mêmes ont une armée de petits chefs à leurs basques qui en rajoutent, qui se vantent de leur ignorance et qui font profession de mépriser le savoir et surtout la volonté de savoir, l’envie, le désir de savoir, la souffrance de ne savoir pas. Un seul exemple : cette admiration mille fois répétée de ceux qui ont réussi, comme ils disent, sans avoir le bac. Réussir signifie dans leur langue être cousu d’or. Je ne vais pas disserter sur toute la construction mentale qui soutient cette attitude, vous êtes assez grande pour le faire vous-même, qui gagnez vos diplômes à la sueur de votre cerveau en cela vous n'êtes pas des leurs.
Leur petit pouvoir de riches face aux hommes qui triment, et dont ils abusent. Je ne vous parle pas ici des artisans, des petites entreprises qui représentent en vérité l’élite de notre société, la véritable élite, mais ces Maîtres de Forges et leurs sbires qui aujourd’hui encore dirigent le pays et ont fait de ce président leur valet de chambre en lui donnant des hochets brillants.
Je vous fais un discours à la Zola, ringard et vieillot à mon tour. Oui chère Alliolie, la misère est ringarde et vieillotte et je la côtoie chaque jour sans en faire partie heureusement, ce n’est pas moi qui me plains ici. Je comprends qu’elle encombre et qu’on cherche à la mettre derrière le mur de l’ignorance, pour débattre entre nous bien au chaud de ce qui est bien et de ce qui est mal. Votre président a remis le discours façon Zola à la mode, en contre champ, et chaque jour on l’entend un peu plus fort. Votre, notre président à tous.
Voilà ce qui est vulgaire et ce qui ne l’est pas, Alliolie, la vulgarité n’est pas compatible avec la misère. Je sens que vous préfèreriez que je modérasse mon langage, et que je n'utilisasse point le mot de misère, trop chaumière et compagnie n'est-ce pas. Sans parler du subjonctif dont je sens qu'il traîne, employé ici, comme un relent de vulgarité, lui-aussi. Je reprends ma phrase et je n’écris donc pas misère, à vous qui croyez qu’elle n’existe pas chez nous : la vulgarité n’est pas compatible avec la pauvreté, celle-là existe bel et bien, comme vous savez.
Je sais, pour la voir chaque matin s’étaler avec suffisance sur la moquette des étages prestigieux, où elle se trouve, la vulgarité.
Ces gens là, dont vous êtes persuadée que je les caricature, ce sont aussi des intellectuels, et eux aussi prennent des airs suffisants devant un ouvrier qui ne comprend pas son licenciement, une secrétaire enceinte qui se voit reprocher son enfant, un cadre âgé qui se voit placardisé pour cause de vieillerie. N’oubliez pas au passage la grande hypocrisie générale qui prétend mettre au travail les vieux en leur reprochant de ne pas courir comme des lapins, de coûter cher, de dépenser gros.
Voilà ce qu’est pour moi la vulgarité. La bassesse. La grossièreté. L’ignominie. Tout ce dans quoi aujourd’hui cinquante-trois pourcents de mes compatriotes sont très satisfaits de se vautrer. Je suis démocrate et je respecte les lois votées par des élus que je n’ai pas élus. Mais je suis démocrate et je garde mon droit à m’en plaindre, haut et fort. Je ne suis plus au stade du procès d’intention comme vous me le reprochiez pendant la campagne, je regarde et je vois, et ce que je vois est pire que ce que j’imaginais dans mes pires cauchemars.
Je garde le droit de juger comme je veux ceux qui pourchassent les enfants un peu trop typés en leur tendant des pièges. Ceux-là, je les appelle des ordures, démocratiquement élues.
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lundi 28 janvier 2008
Les paillettes et la vérité #4/10.
4. La forme et le fond.
Je n’ai jamais voulu distinguer l’un de l’autre, sinon parfois pour quelque commodité subalterne mais non sans danger. Ils sont étroitement liés, et une forme mal soignée trahit ou traduit un fond délétère, un laisser-aller de la pensée. Ainsi je n’aime pas les prestations publiques de ce président, son agitation, ses ricanements, son air de roquet arrogant, qui sont la claire signature de ses lois, décrets et décisions dont peu me conviennent si j’en reste aux euphémismes.
Vous allez me répondre que j’évite ainsi les sujets de fond en m’intéressant aux formes, en critiquant le visuel, et que je pratique le détournement de la pensée en prétendant dénoncer cette même manœuvre chez l’autre. Il n’en est rien, chère Alliolie, et de faire cette critique sur la forme est le premier pas vers les critiques dont je ne me sens pas dispensé mais qui en font résolument partie, les critiques des lois, décrets et décisions, les critiques de la pensée et l’action de ce monsieur et de son scribe, sans parler même du pillage éhonté d’autrui et des détournements scandaleux ; critiquer ce que vous tentez de minimiser en le nommant forme est déjà en soi une attaque sur le fond, quand même on voudrait séparer ces deux notions. Et l’homme lui-même en est conscient qui utilise l’une pour faire avaler l’autre.
Tous les pouvoirs l’ont compris depuis la tribu primitive et ses sorciers accoutrés jusqu’aux fastes lourdingues des empires communistes. Les derniers rois de France ont construit Versailles pour clouer le bec aux petits hobereaux et aux grands ducs, les empereurs de Chine la cité interdite pour se rendre inaccessible et divins, et les républiques ne sont pas en reste qui ont construit une maison blanche là-bas ou qui dans nos parages ont installé leurs pompes dans les anciens palais aristocratiques. Le pouvoir n’existe que dans l’apparat et la manière, et un changement de manière est en premier lieu un changement de politique, un changement de fond.
Ne me parlez pas de rupture j’ai les lèvres gercées et le rire m’est douloureux. Je crains que ce ne soit pas que les gerçures.
Les gesticulations de notre agité ne sont pas indifférentes ; leur mettre un cache-sexe dénommé vie privée est une façon indirecte de reconnaître que la forme n’est pas satisfaisante, et donc une façon de tomber d’accord avec moi que cette présidence démarre sur de mauvais auspices politiques. Il y a à mon sens une cohérence absolue entre les gesticulations médiatiques de l’individu et les mesures qu’il prend en leur donnant le nom de réformes, encore un mot comme écran de fumée. Je lui reconnais bien cette cohérence, tout comme la cohérence avec ses discours de campagne. Pour une fois qu’un président confirme les engagements qu’il avait pris, voilà que je m’en plains ; c’est logique que je m’en plaigne n’ayant pas voté pour lui mais alors pas du tout, mais je reconnais qu’il tient ses annonces, que je ne qualifierai pas de promesses.
Rien que par l’image qu’il nous donne de lui, n’oubliez jamais que cette image est soigneusement construite et n’est due à aucune malveillance médiatique du genre tous contre lui, bien au contraire, ses conseillers y travaillent d’arrache-pied et suivent ses consignes féroces sous peine de jeté à la rue, rien que par cette image voulue, il me donne toutes les bonnes raisons de le rabaisser dans mon échelle à moi et d’avoir honte de sa présence dans le monde, d’avoir honte pour mon pays. Honte.
Laissons là ce point de vue, il est ici seulement pour illustrer mon propos de fond et de forme ; je ne vais pas défendre plus avant mais je ne perds rien pour attendre, la honte j’en traite ailleurs et longuement. Ce n’est pas le sujet qui nous intéresse ici, même si tôt ou tard nous devrons en débattre, y compris dans le présent discours. Si par hasard la façon d’être et de paraître de notre pouvoir actuel devait vous embarrasser, la forme pourrait-on prétendre, une supposition que je vous demande ni d’infirmer ni de confirmer, soyez en sûre : quelque chose vous embarrasse dans les décisions qu’il prend qui engagent votre avenir, bien davantage que le mien au demeurant, le fond en quelque sorte.
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vendredi 25 janvier 2008
Les paillettes et la vérité #3/10
3. Le coup de pied de l’âne.
Je ne suis pas dupe, et votre façon de viser la complaisance pipeaulisante des journalistes a visiblement voulu atteindre Ségolène Royal. Ce que j’appelle votre coup de pied de l’âne à Ségolène. Des nombreuses déceptions que j’ai ressenties en vous lisant, celle-ci est la plus désolante. Vous auriez pu au moins avoir la prudence de noter qu’en matière de pipeau, l’un comme l’autre des deux anciens adversaires ont fait très fort, et que aucun des deux n’a de leçon à recevoir de l’autre. Ce serait une sorte de minimum entre nous.
En supposant que j’aie la conviction contraire, nous ferons chacun un effort, et nous observerons qu’ils ont tous deux largement utilisé cet artifice lors de leur campagne.
Nous observerons aussi que Monsieur Sarkozy a mieux réussi son coup que Madame Royal, et que le plan pipeaule a probablement nettement moins joué dans la réussite de l’une que le plan pipeau pour l’autre. En cette matière je reconnais à Monsieur Sarkozy une bien plus grande compétence que Madame Royal. Depuis belle lurette, les journalistes et surtout les bien pensants de service et de toutes obédiences, s’en donnent à cœur joie sur la pipeaulisation de Ségolène qui en vérité ne se plaint pas du phénomène et va parfois au devant, je le déplore sincèrement comme, je le suppose, vous.
Il y a plus inquiétant. Il n’y a pas de réciprocité, même sur ce sujet, et les journalistes, je veux dire les plus bruyants et les plus envahissants, ont largement choisi leur camp. Bien avant le résultat final, peu me chaud en vérité qu’il y ait complot ou non, ils ont déroulé le tapis rouge pour l’un et les peaux de banane pour l’autre, et que l’une ait eu une rare faculté à glisser dessus quand l’autre savait très bien descendre l’escalier d’honneur n’y change rien.
La Royal, ils n’en attendaient que les mots étranges pour les transformer avec allégresse en bourdes puisque mots incongrus et inattendus, les journalistes ne savent que faire des mots incongrus ; en bourdes aussi puisque parfois incompréhensibles sans un minimum de réflexion ce dont les journalistes sont dépourvus non par manque d’intelligence mais par soumission à l’audience et peu importe le support, écrit, entendu, vu ; en bourdes puisque parfois vraiment incompréhensibles et en cela Ségolène Royal est fautive en effet.
Oui, même pour les journalistes, il faut bien vivre parfois.
Vous avez affirmé que les journaux auraient tu le goût pipeaule de Ségolène quand ils en rajoutaient pour Nicolas, et vous laissez croire que ce serait par soumission à la dame blanche ; c’est évidemment Ségolène que vous visiez ainsi, non les journaux et leurs plumes, leurs voix. Emportée par votre envie de dégommer, vous n’avez pas songé que la sévérité avec les journalistes étaient bien plus opportune que celle à l’encontre de la dame. D’autant que votre affirmation est parfaitement fausse pour ce qui est du passé récent, ou alors vous avez tellement eu envie de le croire que vous l’avez cru. Et prétendre que la pipeaulisation d’aujourd’hui serait moins envahissante si Madame Royal l’avait emporté hier relève de la pure fiction que rien n’étaie, sinon pour sous-entendre et c’est le sous-entendu que je vous reproche, que Madame Royal serait plus manipulatrice que Monsieur Sarkozy.
En tous cas, j'aurais espéré en effet qu'elle eût moins fait de pipeaulisation, mais je n'en suis pas certain du tout. Le coup de pied est malséant et mal venu, car personne ne pourra jamais dire ce qui aurait tété si. Malséant car trop facile, indémontrable, irréfutable, et inutile.
Ségolène victorieuse, la mangeoire n’aurait pas changé de camp, et les patrons des journaux seraient restés les amis de ceux dont ils sont les amis. Ils auraient fait semblant de soigner la forme, en feignant de croire que c’est suffisant alors que c'est impossible. Je précise que j’ai tenté de rester simpliste en amalgamant les journalistes en une sorte d’engeance détestable. Je restais ainsi sur le terrain que vous aviez choisi, vous. J’aurais pu me lancer dans des précautions oratoires permettant de distinguer les bons de l’ivraie, les caméras des plumes, les soignés et les négligents, les paillettes et les réflecteurs.
Nous savons, vous et moi, qui est concerné dans l’affaire et nous ne chercherons pas des disputes collatérales, qui seront savoureuses aussi, je n’en doute pas. Nous savons, vous et moi, que l’engeance journalistique est précieuse et qu’il vaut mieux avoir de l’ivraie dans son jardin que des barreaux à sa fenêtre.
Suffisant est le mot. J’observe que la complaisance des journaux est à l’unisson de la complaisance affichée de l’homme pitre en question. Que parfois il interrompe brutalement cette complaisance en cassant le bras d’un photographe n’enlève rien à cette complaisance, et prouve seulement le mépris qui l’habite pour l'engeance, toujours elle, photographes, paparasoirs, journalistes. Il les veut à sa botte, il veut surtout que rien ne dépasse. Je réprouve cette forme d’apparence de complicité entre pouvoir et relayeurs, dont la seule victime est finalement la liberté d’information.
Brutalement. Vous avez su comme moi la mésaventure arrivée à ce photographe en Égypte, qui pourtant ne faisait rien de plus que ses collègues. Mais il est vrai qu’à ce moment là le petit chef ne faisait pas le pitre avec la belle mais avec ce Kouchner et qu’il s’agissait là d’info et non plus d’intox. Alors, évidemment, casser le bras. Exprès. L’intox est salutaire à ce monsieur, mais l’info est dangereuse.
Certes, je n’aime pas davantage lorsque Madame Royal s’exhibe chez Ruquier ou Fogiel en y prenant des airs de la Sainte-Nitouche qu’elle n’est pas et que je ne veux pas qu’elle soit, mais ces minauderies ne sont rien en comparaison du battage insupportable et ridicule dont nous affuble notre pitre de service manifestement très satisfait, devant qui nos journalistes sont comme caniches en manque. Et si nous l’écoutions un peu, la Sainte-Nitouche avec son air de n’y touche pas, nous verrions qu’elle a bien des questions à nous poser, des pistes à nous faire explorer, des révolutions invraisemblables à nous proposer. Peut-être ce sont ces révolutions qui nous font peur, et le fait est que parfois elles me font peur. Alors on donne le change, on n’écoute pas et on ricane sur son ton pincé et son air madonné.
Oui je sais le mot pitre n’est pas élégant. Il fait tache dans mon monde d’intellectuel précieux et snob. Je ne fais pas dans l’élégance et j’appelle un chat un chat. Je reviendrai sur ces sujets plus loin, la liste me permettra même d’y revenir plusieurs fois pour préciser la violence de mes idées, du moins la violence qu’elles ont prise depuis ces quelques mois. C’est incroyable comment ce qui pouvait passer pour un simple procès d’intention à l’époque est devenu plus grave que toutes les fictions que je me construisais en n’osant pas me croire moi-même. Car si j’écoute l’une, j’écoute aussi l’autre, et j’ai froid soudain. C’est pourquoi il n’aime pas trop qu’on écoute et décortique, c’est pourquoi les paillettes lui sont si nécessaires.
Que monsieur Sarkozy se répande et se mette en scène n’est en rien le fruit du hasard mais une politique de communication soigneusement organisée. Je mets des guillemettes à communication, tant ce mot me déplaît. Mais je dois bien l’utiliser dans ce cas, vous m’y contraignez. S’il y avait foule de caméra et de micro à Disney l’autre jour et plus récemment à Luxor, ce n’était pas un hasard et me le faire croire serait me prendre pour un imbécile. Après tout pourquoi pas.
Ce n’est pas parce que l’air du temps le veut ainsi qu’un président se doit de courir après une image, un Président dispose d’un pet majuscule, et si j’emploie à son sujet des mots trop, comment dites vous déjà, vulgaires, on ne manquera pas de me traîner devant les juges. En contrepartie, il pourrait éviter que les seuls mots qui me viennent à son sujet soient justement des mots vulgaires, et je les pèse.
Voilà, j’ai toutes les transitions qu’il me faut pour poursuivre, un peu trop même.
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jeudi 24 janvier 2008
Les paillettes et la vérité #2/10
Bonjour Alliolie.
C’est moi qui écris, désormais.
Vous avez dû soupçonner que je me réveillerais à ce billet et que je suis en désaccord avec vous. Vous avez deviné juste.
Votre billet traite simultanément de plusieurs sujets qui mériteraient de longs détours chaque, je vais donc faire dans le succinct et le simpliste. Tant pis pour vous, ce sera la punition de Noël.
Entendons-nous bien sur le domaine de mon intervention. Je n’ai pas lu l’article que vous stigmatisez, je ne connais pas le journaliste qui l’a écrit, ni en tant que journaliste de signature familière, ni en tant que personne en chair et en os. Je me fie donc entièrement à ce que vous en décrivez, sans suspicion d’aucune sorte sur une éventuelle incompréhension de votre part en l’ayant lu.
Vous avez ce talent de savoir transmettre l’essentiel de ce qui vous motive dans vos arguments, donc de me permettre de comprendre à quoi vous vous opposez. Le sujet de mon irruption ne consiste pas à défendre l’article incriminé, mais à exprimer mes propres idées et à me plaindre de votre façon d’attaquer et de l’usage que vous faites de ces armes de destruction massive que sont les poncifs et les lieux communs, rejoignant dans un même tourbillon les facilités que vous vouliez combattre.
Je vous avais cru d’une autre trempe.
Alors voyons quels sont les points qui me chagrinent dans votre texte. Un rapide aperçu servira de vade mecum dans le fouillis de mes idées, et m’évitera peut-être les emmêlements de pinceaux qui rendent ma tâche si lente à sortir.
- La forme et le fond.
- Ce qui est vulgaire (poncif n°1).
- Ce qui est populaire (poncif n°2).
- Les intellos et le café de Flore (poncif n°3).
- Ce que doit être un président de la République.
- Ce que n’est pas un chef d’Entreprise.
- Le coup de pied de l’âne à Ségolène.
Certains sujets vont rebondir sur d’autres, j’espère éviter les redites inutiles, et j’espère échapper à la contradiction, ce qui ne manquerait pas de réveiller votre ironie. Tant pis pour moi, et votre ironie serait alors précieuse pour m’obliger à creuser davantage.
Il m’en faudrait, des pages à répondre. J’ai évoqué le succinct et le simpliste, je vais tenter d’y échapper au prix de la longueur et de l’ennui, de la dilution. Mais la compréhension est à ce prix, je veux dire la préhension, par moi, des thématiques que vous abordez. Vous avez ce mérite de savoir condenser en quelques paragraphes de quoi écrire un grand livre de colère inventive. Ici n’est pas fait pour un grand livre, et je commencerai par là où vous avez fini.
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mardi 22 janvier 2008
Les paillettes et la vérité #1/10
Janvier 2008. Présentation et introduction: l'objet de mon ressentiment.
Origine : un billet d’Alliolie, qui va me lancer dans une longue improvisation libre, du genre je tourne sur moi-même comme un derviche possédé.
A quoi bon réfléchir si aucun miroir ne nous renvoie la balle ?
Autant choisir le bon miroir. De ceux qui peuvent renvoyer des balles tordues, des balles limées, des balles traçantes. Tant pis pour moi si elle renâcle, ou si elle répond vertement, ou si elle ne répond pas. Je me lance dans un long discours sur un billet d'Alliolie, après beaucoup d'hésitation et de cogitations, car tel le lièvre en mon gîte je songeai. Car quy faire d'autre ?
J'avais étalé le billet ici même, depuis quelques jours. En réalité, il est plus juste de te contraindre à l'aller lire. Chez elle, dans son terrier, dans sa forteresse restée ouverte. Ensuite, tu pourra revenir ici pour me désapprouver, pour me compléter, pour m'applaudir ou me siffler. Tu auras peut-être un peu de mal, tant de choses sont dites qui s'entremêlent, s'entrimêlent, où le clair chemin du tenant vers l'aboutissant est embroussaillé, et où chacun puisera à sa guise l'eau et le sable du fond du puits, ou seulement la mousse qui donne un drôle de goût, juste en surface.
Alors j'ai effacé le texte de la belle, et je l'ai remplacé par son lien. Voilà le lien lié.
Vagues tentatives d'anticonformisme
DATE DU BILLET D'ALLIOLIE: Samedi 22 Décembre 2007
Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit
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lundi 7 janvier 2008
Relayer une lettre d 'honneur
Relayer une lettre d’honneur
Une amie de toile m’a donné à lire cette lettre. Je n’ai rien écrit et je souscris tant à tout ce qu’elle porte que je ne peux que la mettre en billet de bloghumeur. Et je reste silencieux, que dire de plus et que dire mieux, dans cette honte qui nous accable, dans cette boue où patauge ce pays que nous aimions, et que peut-être nous continuons à aimer puisque justement, nous avons honte de la boue qui le souille.
Lettre ouverte de Danièle Dugelay adressée à Nicolas Sarkozy à la suite de l’allocution du Président de la République dans la basilique Saint-Jean de Latran, le jeudi 20 décembre 2007 (sur le site de la Ligue des droits de l'homme de Toulon).
Le 30 décembre 2007.
Monsieur le Président de la République,
C’est avec beaucoup d’attention que j’ai lu votre discours du 20 décembre 2007 à Rome. Je ne peux m’empêcher de vous écrire combien il m’a indignée et blessée, sans doute comme beaucoup de Français.
Votre perception parcellaire de notre Histoire et de notre culture est surprenante. Il semble, selon vous, que le monde a commencé à exister avec la chrétienté. Avant, c’était le néant et là seulement apparaissent les origines de notre culture. J’ai dû avoir de bien mauvais maîtres pour qu’ils m’aient enseigné l’existence des cultures antiques européennes ou d’autres continents. Ils ont même eu l’audace de me parler de mythologies ou de croyances païennes dont on trouverait encore des traces dans nos provinces. Il est exact que la religion catholique nous a imposé pendant plusieurs siècles son carcan culturel, sa confiscation des sciences et le pouvoir politique de droit divin, avec tous les malheurs, les guerres et les violences qui les ont accompagnés.
Toutefois, vous, Monsieur le Président, qui aimez les ruptures, vous ne pouvez oublier que nos ancêtres ont rompu avec le Divin, malgré plusieurs soubresauts, entre 1789 et 1905. Ces racines-là, avec celles issues de la Commune et de l’histoire du Mouvement Ouvrier, sont chères à beaucoup d’entre nous. Quant à nos grands écrivains, eux qui ont su faire la gloire de notre belle langue, vous n’en citez que quelques uns, oubliant peut-être les plus importants. Je n’ose croire que ce sont des lacunes, ce qui serait grave pour un Chef d’Etat ; je suppose qu’il s’agit plutôt d’une mémoire sélective et n’est-ce pas encore plus inquiétant ?
Les Françaises, les Français ne supportent pas qu’on touche à l’intégrité de leur territoire, de leur Histoire, de leur culture. C’est ce qui fait notre identité nationale et c’est aussi pour la défendre que la Résistance s’est dressée pour s’opposer au nazisme.
D’autre part, vous ignorez, certainement volontairement, la définition simple et précise de la laïcité donnée par tous les dictionnaires, notamment celui de l’Académie Française. Vous préférez en donner un concept, plus malléable, et qui finalement vous est personnel. La laïcité, Monsieur le Président, est ou n’est pas. Tout qualificatif, tout complément, serait réducteur et une laïcité réduite n’est plus la laïcité. C’est encore une spécificité française, inscrite dans notre Constitution qui ne peut être modifiée que par un référendum ou par un vote du Congrès. Tout artifice, toute ruse en la matière, constitue une atteinte à nos institutions dont vous êtes garant.
Par ailleurs, Monsieur le Président, je trouve surprenant votre classement des citoyens en deux catégories de valeurs inégales : les bons citoyens, croyants et donc aptes à connaître la morale, et les autres qui ne peuvent accéder à aucune éthique parce qu’ils n’ont pas l’Espérance. Juger ainsi une partie importante des Français, le faire en pays étranger, blesser ainsi des hommes et des femmes que vous êtes censé représenter, est-ce que cela fait partie de vos attributions ? Personnellement, j’ai été très choquée. D’ailleurs, est-il nécessaire de craindre le jugement de Dieu ou de vouloir mériter le Paradis, d’acheter des indulgences en allant à Lourdes lors de la visite papale, d’espérer un pardon en confessant ses fautes, pour distinguer le bien et le mal ? Vous refusez de reconnaître tout souci de la morale aux agnostiques et aux athées qui sont souvent des humanistes. Ceux-là sont seuls face à leur conscience, à leurs interrogations. Ils doivent affronter regrets et remords, réparer leurs erreurs éventuelles. Leurs efforts pour améliorer la condition humaine, les choix rationnels qu’ils font dans ce but en donnant ainsi un sens à leur existence, n’ont-ils pas autant de valeur qu’une morale imposée par un dogme et uniquement fondée sur l’Espérance ?
Il est vrai que la morale n’est pas la même pour tous les individus :
- Etablir des privilèges fiscaux et juridiques pour les plus fortunés d’une part , et d’autre part organiser la paupérisation des classes moyennes et des plus défavorisés,
- Risquer la désespérance dans nos ghettos de banlieue où le chômage des jeunes bat tous les records et n’y répondre que par l’envoi de la force publique,
- Etaler un luxe tapageur et, dans le même temps, diminuer le pouvoir d’achat des retraités et augmenter les dépenses des malades les plus atteints,
- Mettre en place la concurrence entre les salariés, les diviser à propos de prétendus privilèges, leur faire miroiter une amélioration « au mérite » et leur faire accepter ainsi le harcèlement au travail, l’idée de la nécessité d’un zèle qui en conduit certains à la dépression et parfois au suicide,
- Installer un tel climat de terreur que des adultes et des enfants se jettent par la fenêtre à l’arrivée de la police,
- Ecarter du domaine de la loi subrepticement des éléments essentiels de notre Code du Travail pour pouvoir les modifier plus facilement,
- Faire condamner la France, à son grand déshonneur, par l’ONU et par l’Union Européenne pour la manière dont y sont traités les demandeurs d’asile et les personnes incarcérées…
... et ceci n’est pas une liste exhaustive, mais des exemples.
Faire ces choix, c’est peut-être conforme à votre morale, Monsieur le Président de la République, mais certainement pas à la mienne. Il est vrai que je suis une pauvre athée, citoyenne de deuxième zone. Pourtant, je pense que suggérer que cela pourrait être inspiré par une éthique religieuse serait faire injure aux croyants.
Vous aimez, paraît-il, le « parler vrai », aussi je vous ai écrit ce que j’avais sur le cœur.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mon respect pour votre fonction et de mon profond attachement à notre République.
Danièle Dugelay, citoyenne française, Saclay.
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22:53
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